Que se passe-t-il à N'Djamena?

TCHAD 20minutes.fr fait le point sur la situation dans la capitale tchadienne...

C. Ch. avec agence

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Les avions de transport de l'armée française ont évacué 397 ressortissants étrangers de N'Djamena vers Libreville dans la nuit de samedi à dimanche;
Les avions de transport de l'armée française ont évacué 397 ressortissants étrangers de N'Djamena vers Libreville dans la nuit de samedi à dimanche; — Wilfried Mbinah AFP

Que se passe-t-il à N’Djamena?

Depuis samedi, les troupes gouvernementales du président Idriss Deby et la rébellion tchadienne s’opposent dans les rues de la capitale tchadienne. Alors que la nuit de samedi à dimanche a été plutôt calme, les combats ont repris dimanche.

Dans la matinée, Idriss Deby Itno, le président tchadien, résistait toujours, retranché dans son palais présidentiel. Un quartier que les forces gouvernementales ont demandé aux habitants d'évacuer.

On a également appris que, dès vendredi, la France avait proposé à Idriss Déby de le faire sortir du Tchad s'il considérait sa vie en danger, mais le président tchadien a refusé.


Ces affrontements sont les premiers à N'Djamena depuis l'offensive rebelle repoussée le 13 avril 2006 aux portes de la capitale. Même si aucun bilan officiel n’a été communiqué, ils semblent avoir fait de nombreuses victimes: des cadavres calcinés ou déchiquetés ont été vus par des témoins tchadiens et européens.

>> Pour retrouver la chronologie des rebellions contre le régime de Déby depuis 2005, cliquez ici


Interrogé dimanche matin sur Europe1, le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a confirmé que le chef d'état-major tchadien, Daoud Soumaïn, avait été tué dans des combats.

Le rôle de la France

Des hélicoptères de l'armée régulière ont décollé de la base tchadienne à l'aéroport, où sont également établis les militaires français du dispositif Epervier, actuellement doté de 1.450 hommes.

Les hélicoptères tchadiens ont ouvert le feu à plusieurs reprises, notamment sur une colonne d'une centaine de pick-up de l'alliance rebelle qui a mené une incursion depuis le sud-est, selon des sources militaires. Une vingtaine d'autres véhicules rebelles est entrée dans la capitale par le nord-est.

L'aviation française s'était bornée samedi soir à sortir ses hélicoptères pour sécuriser l'aéroport, afin de permettre l’évacuation nocturne de quelque 400 ressortissants étrangers vers Libreville.

Dimanche matin, elle a fait décoller des chasseurs Mirage F1, qui ont effectué plusieurs passages au-dessus de N'Djamena et largué des leurres afin de ne pas être pris pour cibles, selon des sources militaires.

La médiation libyenne

Mouammar Khadafi a été désigné médiateur par l'Union africaine (UA). Dans la nuit de samedi à dimanche, Tripoli a fait savoir que Mahamat Nouri, l'un des trois chefs de l'alliance rebelle, avait accepté cette trêve. Mais les rebelles avaient nuancé leur position. «De toute façon, Deby n'acceptera jamais la trêve», avait estimé une source rebelle.
Les combats de dimanche matin semblent sonner le glas d’un cessez-le-feu.

Le déploiement de l’Eufor

Ces affrontements interviennent alors que la force européenne devait se déployer au Tchad. Dimanche matin, Hervé Morin a déclaré que le déploiement de la force européenne Eufor Tchad-RCA était «suspendu jusqu'à mercredi».

La force européenne qui doit être déployée dans l'est du Tchad et en Centrafrique, vise à protéger 450.000 réfugiés du Darfour soudanais et déplacés tchadiens et centrafricains.

Dans une interview au «Journal du Dimanche», Bernard Kouchner a affirmé qu'il «ne croit pas» que l'offensive des rebelles tchadiens puisse compromettre ce déploiement.




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