Un élu démocrate dépose une résolution pour destituer Trump

ETATS-UNIS Dans l'immédiat, la procédure n'a aucune chance d'aboutir...

Philippe Berry
— 
Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 16 février 2017.
Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 16 février 2017. — P.MARTINEZ/AP/SIPA

« Impeachment », le mot est officiellement lâché. Mercredi, l’élu démocrate Brad Sherman a officiellement déposé une résolution pour engager une procédure de destitution contre Donald Trump à la Chambre des représentants. Mais alors que les républicains disposent d’une confortable majorité, l’initiative n’a aucune chance d’aboutir et ne devrait même pas faire l’objet d’un vote.



L’élu californien propose de destituer le président américain pour « crimes graves et délits », et liste des charges principalement liées à l’obstruction à la justice. Selon Brad Sherman, Donald Trump a « cherché à influencer » l’enquête sur son ex-conseiller Michael Flynn, puis a « menacé et limogé » le directeur du FBI James Comey.

Les républicains contrôlent le Congrès

La résolution de Brad Sherman n’a été parrainée que par un seul élu. C’est parce que les démocrates estiment dans leur ensemble qu’il est trop tôt pour engager un bras de fer au Congrès, alors que l’enquête du procureur spécial Robert Mueller a démarré il y a seulement deux mois.

Surtout, ce sont les républicains qui ont toutes les cartes en mains. Ils disposent d’une majorité au Comité judiciaire de la Chambre (23 sièges contre 17 aux démocrates), qui joue en général les arbitres pour décider si une procédure mérite un vote. Ensuite, il faut une majorité simple à la Chambre pour voter un impeachment, comme pour Richard Nixon ou Bill Clinton, et une majorité des deux tiers au Sénat pour une condamnation, ce qui n’est jamais arrivé (Nixon a démissionné avant).

Trump soutenu par sa base

Lors du Watergate, les républicains ont abandonné Nixon quand il a été lâché par les électeurs conservateurs. Et avec une cote de popularité qui reste à 85 % chez les républicains, Donald Trump dispose pour l’instant d’une large marge de sécurité confortable, en attendant les élections de la mi-mandat, fin 2018, qui pourraient changer la donne.



En attendant, les dernières révélations sur une rencontre entre le fils du président et une avocate russe promettant des « informations compromettantes » sur Hillary Clinton ont relancé les accusations de collusion entre la campagne de Trump et Moscou. L’élu républicain Lee Zeldin a indiqué mardi qu’il avait voté pour Donald Trump mais que « cette rencontre, au vu des emails publiés, est un big no-no ». L’hémorragie, goutte après goutte, est loin d’être endiguée.