Calme précaire à N'djamena, les occidentaux commencent l'évacuation

TCHAD Deux mille rebelles se sont emparés de la capitale ce samedi. Le sort du président Déby est incertain...

avec Agence

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La bataille de N'Djamena entre l'armée tchadienne et l'alliance rebelle hostile au président Idriss Deby Itno, qui a traversé cette semaine le pays à partir du Soudan, a commencé samedi matin;
La bataille de N'Djamena entre l'armée tchadienne et l'alliance rebelle hostile au président Idriss Deby Itno, qui a traversé cette semaine le pays à partir du Soudan, a commencé samedi matin; — Sonia Rolley AFP/archives

L'étau se resserre. Deux mille soldats de l'alliance rebelle hostile au président Idriss Deby Itno ont pris le contrôle de la capitale, ce samedi matin après à peine trois heures d’affrontements.

Les rebelles ont encerclé le palais de la présidence, Abakar Tollimi, l'un des chefs de l'alliance des trois principales rébellions tchadiennes, formée à la mi-décembre, déclarait: »On suppose que Deby est dedans (la présidence). S'il veut partir nous n'y voyons pas de problème.»

«Deby et ses troupes sont en débandade. Il va tomber aujourd'hui (samedi)», assurait-il le matin.

Un Airbus pour les Français

Selon le ministre de la Défense, Hervé Morin, un Airbus est arrivé en fin de soirée à N’Djamena afin de préparer l'évacuation des 1.500 Français présents dans le pays. Quelque 700 ressortissants occidentaux sont déjà regroupés dans trois sites sécurisés de la ville. Peu avant 20h commençait la première évacuation, selon le ministre de la Défense, alors que l'ONU annonçait également que son personnel quittait la capital.

L'armée française, présente dans ce pays depuis 1986 avec les 1.100 hommes du dispositif Epervier -- renforcé depuis vendredi avec plus de 100 soldats venus de Libreville --, a reçu le soutien de 150 nouveaux soldats.

L’union africaine condamne

L'Union africaine a mandaté le président congolais Denis Sassou Nguesso et le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi pour «trouver une solution négociée à la crise actuelle» au Tchad. Dans un communiqué, les dirigeants africains «condamnent fermement l'attaque perpétrée par des groupes armés». Peu avant, le président nouvellement élu de la commission de l'Union africaine, Jean Ping (Gabon), avait rappelé que l'UA n'acceptait pas «de changements de gouvernement anticonstitutionnels».

Depuis lundi, une colonne rebelle composée de quelque 300 véhicules pick-up pouvant transporter dix à quinze hommes chacun, a traversé le Tchad sur 800 km à partir du Soudan, où les groupes avaient établi leurs bases.