Etats-Unis: Un condamné souffrant de graves troubles psychiatriques a été exécuté

INJECTION LETALE William Morva avait tué un garde de sécurité et un policier alors qu'il tentait de s'évader de prison...

N. Se. avec AFP

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A l'occasion de l'élection présidentielle américaine, la peine de mort a été revigorée dans trois Etats américains.
A l'occasion de l'élection présidentielle américaine, la peine de mort a été revigorée dans trois Etats américains. — P. Sullivan/AP/SIPA

Une forte mobilisation internationale en sa faveur ne lui aura pas permis d’échapper à la peine capitale. Un condamné à mort souffrant, selon ses défenseurs, de graves troubles psychiatriques a été exécuté jeudi aux Etats-Unis. William Morva, meurtrier de 35 ans à la double nationalité hongroise et américaine, a reçu une injection létale et a été déclaré décédé à 21h15 locales (01h15 heure française vendredi), ont annoncé les autorités pénitentiaires de l’Etat de Virginie.

Le gouverneur de l’Etat de Virginie a refusé de lui accorder un sursis

Terry McAuliffe, le gouverneur démocrate de cet Etat de l’est du pays, avait refusé quelques heures plus tôt d’accorder un sursis au prisonnier. Les avocats du détenu assuraient qu’il souffrait depuis longtemps de délires mentaux, qui auraient été minimisés à son procès. Ils affirmaient que William Morva était incapable d’évaluer les conséquences de ses actes, mais qu’il avait pourtant été décrit comme doué de raison par les procureurs.

Terry McAuliffe n’a pas été convaincu par ces arguments. « Le recours de William Morva se fonde sur le diagnostic d’un psychiatre qui l’a examiné presque sept ans après son procès et sa condamnation », avait souligné le gouverneur. « Je suis arrivé à la conclusion que William Morva a bénéficié d’un procès équitable et que le jury s’est vu présenter suffisamment d’éléments sur sa santé mentale avant de le condamner conformément à la loi en vigueur en Virginie », avait ajouté Terry McAuliffe. Rappelant qu’il était opposé à la peine capitale, cet élu catholique avait justifié sa décision par son serment de faire appliquer la loi indépendamment de ses convictions personnelles.

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Deux responsables des Nations unies et de nombreuses autres voix aux Etats-Unis et ailleurs avaient appelé le gouverneur à commuer la peine de mort de William Morva. « Nous sommes inquiets de la détérioration de sa condition psycho-sociale », avaient déclaré Agnès Callamard et Dainius Puras, rapporteurs spéciaux de l’ONU, respectivement sur les exécutions arbitraires et le droit à la santé.

Le condamné était persuadé d’avoir des facultés paranormales

William Morva avait été emprisonné dans les années 2000 pour une tentative de vol à main armée. Un jour d’août 2006, soigné à l’hôpital pour des blessures bénignes, il avait réussi à assommer le policier chargé de le surveiller et à prendre son arme.

Il avait alors fait feu sur un garde de sécurité, Derrick McFarland, qu’il avait tué. Le lendemain, alors qu’il était la cible d’une chasse à l’homme autour du campus universitaire de Virginia Tech, il avait également tué par balle un policier, Eric Sutphin. Les deux victimes étaient pères de famille.

Lors de son procès, il s’était présenté sous le nom de Nemo

Jeune, William Morva était connu pour ses diatribes conspirationnistes, pour marcher pieds nus en plein hiver et pour dormir parfois dans la forêt, enfoui sous les feuilles d’arbre. Il se nourrissait de viande crue, de noix et de pommes de pin. Convaincu d’avoir des facultés paranormales, il s’est ensuite persuadé qu’on voulait le tuer.

Lors de son procès, il s’était présenté sous le nom de Nemo. « Bien sûr, vous pouvez me tuer. Je ne peux me battre. Mais d’autres sont comme moi et vous le savez bien. Bientôt ils vont se rassembler. Ils vont envahir toute votre civilisation et effacer à jamais ces sourires de vos visages », avait-il lancé.