Le Parlement européen plaide pour que le dissident chinois Liu Xiaobo soit soigné à l'étranger

DROITS DE L'HOMME Condamné en 2009 à 11 ans de réclusion pour « subversion », Liu Xiaobo, 61 ans, est sorti de prison après qu’on lui eut diagnostiqué en mai un cancer du foie en phase terminale...

20 Minutes avec AFP

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Des manifestants brandissant des portraits de Liu Xiaobo
Des manifestants brandissant des portraits de Liu Xiaobo — ANTHONY WALLACE / AFP

Le Parlement européen a appelé ce jeudi la Chine à autoriser le dissident Nobel de la paix Liu Xiaobo, récemment sorti de prison et atteint d’un cancer en phase terminale, à se faire soigner à l’étranger.

Liu Xiaobo doit pouvoir se faire soigner « là où lui et sa femme le souhaitent », a plaidé le Parlement européen dans une résolution adoptée au moment même où l’hôpital chinois où il est pris en charge annonçait que son état de santé se dégradait.

Des médecins étrangers au chevet du dissident

Cet appel survient alors que la Chine, sous pression internationale, vient d’inviter des médecins étrangers au chevet du dissident. Condamné en 2009 à 11 ans de réclusion pour « subversion », Liu Xiaobo, aujourd’hui âgé de 61 ans, est sorti de prison après qu’on lui eut diagnostiqué en mai un cancer du foie en phase terminale, avait indiqué la semaine dernière son avocat Mo Shaoping.

Depuis cette annonce, plusieurs pays occidentaux - dont les Etats-Unis, la France et l' Allemagne -, à l’unisson d’ONG et de proches du dissident, ont réclamé à Pékin que le prix Nobel soit autorisé à partir se faire soigner à l’étranger.

Poursuivi pour « activités menaçant la sécurité nationale »

Dans leur résolution, les eurodéputés ont par ailleurs demandé jeudi à Pékin de libérer un autre militant pro-démocratie, le Taïwanais Lee Ming-che, 42 ans. Ce dernier a été interpellé en mars et est poursuivi pour « activités menaçant la sécurité nationale ».

« Aucune preuve crédible n’a été apportée dans cette affaire », estime le Parlement, qui demande aux autorités chinoises de « livrer des informations sur l’endroit exact où se trouve Lee Ming-che », et de « veiller […] à ce qu’il soit protégé contre la torture et d’autres mauvais traitements ».

« Depuis 2013, la situation des droits de l’homme en Chine continue de se détériorer, tandis que le gouvernement se montre de plus en plus hostile à une opposition pacifique, à l’Etat de droit, à la liberté d’expression et à la liberté de religion », regrettent encore les eurodéputés, déplorant « les efforts déployés sans relâche par le gouvernement chinois en vue de faire taire » les défenseurs des droits humains.