Corée du Nord: Paris et Washington veulent de nouvelles sanctions, Moscou dit niet

COREE DU NORD La Chine a quant à elle estimé qu’une action militaire n’était « pas une option »…

N. Se. avec AFP

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Un homme regarde des images d'un missile lancé par la Corée du Nord à Séoul, illustration
Un homme regarde des images d'un missile lancé par la Corée du Nord à Séoul, illustration — JUNG YEON-JE / AFP

Désaccord diplomatique. Les Etats-Unis, soutenus par la France, vont proposer à l’ONU de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, après le lancement historique par Pyongyang d’un missile intercontinental, mais la Russie a déjà prévenu mercredi qu’elle s’y opposait.

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L’essai de missile intercontinental, qui pourrait atteindre l’Alaska selon les experts, auquel Séoul et Washington ont répliqué en simulant une attaque du régime communiste, constitue une « claire et nette escalade militaire » de la Corée du Nord, a déclaré mercredi Nikki Haley devant le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni d’urgence. « Dans les prochains jours, nous présenterons (…) une résolution proportionnée à l’escalade de la Corée du Nord », a ajouté l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies.

Problème, la Russie, qui dispose d’un droit de veto, a affirmé qu’elle s’opposerait à de nouvelles sanctions autant qu’à une riposte militaire. « Tout le monde doit admettre que les sanctions ne vont pas résoudre le problème », a déclaré l’ambassadeur adjoint de la Russie à l’ONU Vladimir Safronkov, ajoutant que « toute tentative de justifier une solution militaire est inadmissible ». L’ambassadeur chinois à l’ONU Liu Jieyi a lui aussi estimé qu’une action militaire n’était « pas une option ». A l’occasion d’une visite du président chinois Xi Jinping mardi à Moscou, la Russie et la Chine avaient appelé mardi à un double « moratoire » : Pyongyang arrêterait ses essais nucléaires et balistiques et Washington renoncerait à organiser des manœuvres militaires conjointes avec son allié sud-coréen.

De quoi contrarier un peu plus Donald Trump qui a lui-même accusé mercredi, sur Twitter, la Chine de saper les efforts des Etats-Unis en renforçant ses échanges commerciaux avec Pyongyang.

 

La France a elle aussi plaidé pour « un durcissement et un renforcement des sanctions » contre le régime communiste, selon son ambassadeur à l’ONU, François Delattre.
Le Conseil de sécurité a déjà adopté en 2016 deux régimes de sanctions pour augmenter la pression sur Pyongyang et tarir les devises qui servent au financement de ses programmes militaires, bannis par l’ONU. Ces résolutions ont conduit à réduire de manière significative les exportations de charbon nord-coréen, source majeure de revenus, et à contrôler davantage tous les chargements en provenance de ou vers la Corée du Nord.