La guerre du Liban: «un grand et grave ratage» pour Israël, selon une commission israélienne

Ch. L avec agences

— 

Le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Ehud Olmert ont entamé dimanche des entretiens qui doivent porter sur un éventuel déploiement de forces de l'Autorité palestinienne pour reprendre le controle de la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte.
Le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Ehud Olmert ont entamé dimanche des entretiens qui doivent porter sur un éventuel déploiement de forces de l'Autorité palestinienne pour reprendre le controle de la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte. — David Silverman AFP/pool

La guerre du Liban en 2006 a été «un grand et grave ratage» pour Israël, selon le rapport de la commission d'enquête israélienne sur ce conflit, rendu public mercredi. Le juge à la retraite Eliahou Winograd, qui a présidé la commission d'enquête, a évoqué des «manquements graves au plus haut niveau de l'échelon politique et militaire».

Une entrée en guerre «sans stratégie de sortie»

Le rapport affirme notamment que l'opération terrestre aux derniers jours de la guerre contre le Hezbollah chiite libanais (12 juillet-14 août 2006) n'a «pas atteint ses objectifs». Cette offensive a coûté la vie à 33 soldats israéliens, 60 heures avant l'entrée en vigueur de la trêve le 14 août.

«L'entrée en guerre sans stratégie de sortie était une grave défaillance», selon le rapport qui insiste sur la gestion «déficiente» de l'échelon politique et militaire, «en particulier au sein des forces terrestres».
Isarël a subi une «défaite cuisante» face au Hezbollah, estime la commission.

Ehud Olmert décidé à rester en poste

La commission souligne qu’elle a voulu «éviter de faire assumer des responsabilités personnelles», mais que «cela ne signifie pas qu'il n'en existe pas,» alors que la responsabilité du Premier ministre israélien Ehud Olmert a déjà été mise en avant dans un rapport intérimaire de la commission. L'ancien ministre de la Défense, Amir Peretz et le chef d'état-major de l'époque, le général Dan Haloutz, avaient été contraints de démissionner à la suite de la guerre.
«Le Premier ministre et le ministre de la Défense (de l'époque Amir Peretz) ont agi en fonction d'une approche sincère des intérêts d'Israël», a cependant déclaré le président de la commission.

Ehud Olmert affiche sa détermination à rester au pouvoir. «Il n'y aura pas d'élections anticipées (...) aucune campagne de pression ne le fera changer de position», a prévenu le ministre des Finances Roni Bar-On, un proche de Ehud Olmert.

La commission Winograd a été créée sous la pression de l'opinion par le gouvernement. Son rapport, un document de plus de 600 pages, est rédigé sur la base de 74 témoignages de responsables politiques et militaires. Le Hezbollah a immédiatement réagi en soulignant que le rapport confirmait «ce que le Hezbollah affirme depuis longtemps: Israël a complètement échoué dans la réalisation de ces buts et l'armée israélienne a subi une défaite face au Hezbollah», a déclaré son porte-parole, Hussein Rahhal.

Le conflit, côté libanais, a fait plus de 1.200 tués, civils pour la plupart, et 160 tués, côté israélien, en majorité des militaires.