Affaire Grégory: Murielle Bolle mise en examen pour «enlèvement» et placée en détention

JUSTICE Placée en garde à vue mercredi, la belle-sœur de Bernard Laroche a été mise en examen, ce jeudi soir, pour « enlèvement » du petit Grégory…  

V.V.

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Granges-sur-Vologne (Vosges), le 21 juin 2017. Murielle Bolle chez elle avant son interpellation.
Granges-sur-Vologne (Vosges), le 21 juin 2017. Murielle Bolle chez elle avant son interpellation. — PATRICK HERTZOG / AFP
  • Le petit Grégory, 4 ans, est mort il y a 32 ans
  • Murielle Bolle avait incriminé, en 1984, Bernard Laroche avant de se rétracter
  • Elle a été mise en examen pour enlèvement, ce jeudi soir

Pour les enquêteurs, Murielle Bolle a donc pris la voiture plutôt que l’autocar pour rentrer du collège, le 16 octobre 1984. Cette femme de 48 ans a été mise en examen, jeudi soir, pour l’enlèvement suivi de la mort de Grégory Villemin, 4 ans.

>> Les faits: Murielle Bolle a été déférée devant la juge 

Prévue cet après-midi, son audition devant la magistrate de la cour d’appel de Dijon (Côte d’Or) avait été décalée en début de soirée en raison d’un malaise qui a contraint les secouristes à l’hospitaliser quelques heures. La magistrate qui l’a reçue avait la possibilité de la placer sous le statut de témoin assisté, de la remettre en liberté ou de la mettre en examen. Elle a choisi cette dernière option.

Avec qui Murielle est-elle rentrée du collège ?

Agée de 15 ans à cette époque, Murielle Bolle était alors rentrée dans sa famille juste après avoir livré un témoignage accablant contre Bernard Laroche, son beau-frère, dans l’enlèvement du petit Grégory. Elle avait raconté aux gendarmes, à plusieurs reprises entre le 2 et le 5 novembre 1984, qu’elle était rentrée du collège en voiture avec Bernard Laroche, que celui-ci avait embarqué Grégory, qu’il était descendu avec lui « près d’une petite place » avant de revenir seul « un peu plus tard ».

>> Enquête: Pourquoi Murielle Bolle est dans le viseur des enquêteurs ?

« Pour nous, à ce moment-là, l’affaire est quasiment terminée », se souvient encore aujourd’hui Etienne Sesmat, l’un des enquêteurs de l’époque. Sauf que le lendemain matin, le mardi 6, Murielle Bolle se présente au Palais de justice, entourée de sa famille, et se rétracte. Elle explique qu’elle est en réalité, rentrée en autocar du collège et qu’elle a incriminé son beau-frère en raison des « menaces des gendarmes » de la placer en « maison de correction ».

Un vieux cousin assure qu’elle a été « molestée »

Trente-deux ans après, les enquêteurs ont acquis la conviction que la jeune fille de l’époque – elle avait 15 ans — était revenue sur ses accusations sous la pression de ses proches. Selon nos informations, « un vieux cousin » de la famille a récemment expliqué aux enquêteurs que Murielle Bolle avait même été « molestée » durant la nuit par sa famille avant de changer de version. « Une nouvelle phase dans l’enquête s’ouvre aujourd’hui », souffle une source proche de l’enquête.

>> Bernard, Monique, Murielle... Qui sont les protagonistes de l'affaire ?

Pas pour son avocat, Jean-Paul Teissonnière qui a dénoncé, à la sortie du palais de justice le « canevas de ragots et de mensonges qui constituent l’essentiel de l’accusation ». Après Marcel et Jacqueline Jacob, Murielle Bolle est la troisième personne à être mise en examen dans l’affaire Grégory, 32 ans après.

>> Enquête: Tous les éléments troublants sur les Jacob

Comme l’a révélé le procureur général de DIjon, Jean-Jacques Bosc, les enquêteurs sont désormais persuadés que « plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime ». Murielle Bolle a été placée en détention provisoire, dans l’attente d’une audience qui aura lieu, mardi, pour décider de la maintenir derrière les barreaux ou de la laisser libre sous contrôle judiciaire le temps que l’enquête se poursuive.