Donald Trump se surpasse avec une nouvelle attaque sexiste contre une journaliste

ETATS-UNIS Le président américain s'en est pris au physique d'une présentatrice qui l'avait critiqué...

P.B. avec AFP

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Donald Trump en meeting à Cedar Rapids (Iowa) le 21 juin 2017.
Donald Trump en meeting à Cedar Rapids (Iowa) le 21 juin 2017. — Charlie Neibergall/AP/SIPA

A ce stade, on ne devrait plus vraiment être surpris par Donald Trump. Mais jeudi, le président américain a commencé sa journée avec une salve de tweets sexistes contre une journaliste qui l’avait critiqué. Le nouveau dérapage présidentiel a été condamné de toute part, y compris dans son propre camp.

« J’ai entendu Morning Joe, une émission qui fait peu d’audience, mal parler de moi (arrêtez de regarder). Alors comment se fait-il que la folle Mika au faible QI et Joe le psychopathe soient venus à Mar-a-Lago trois nuits d’affilée autour du Nouvel An, et aient insisté pour me rejoindre ? Elle saignait abondamment du visage après un lifting. J’ai dit non ! », a tweeté Trump un peu avant 9h00, jeudi.

 

Les présentateurs Joe Scarborough, un ancien élu républicain, et Mika Brzezinski, un couple dans la vie, animent chaque matin l’émission Morning Joe sur la chaîne progressiste MSNBC. Mika Brzezinski, fille de Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter, venait de critiquer le président américain : « Si quelqu’un venait à NBC et prenait le pouvoir, et commençait à tweeter furieusement à propos de l’apparence des gens, à harceler les gens, à parler de gens à la concurrence, à mentir tous les jours, cette personne serait limogée ! »

« Fait pour les petites mains »

La chaîne a réagi sur Twitter : « C’est un triste jour pour l’Amérique quand le président passe son temps à harceler, à mentir et à déverser de mesquines attaques personnelles au lieu de faire son travail ». « Je n’aurais jamais imaginé qu’un jour je me dirais ''C’est en deçà de ma dignité de répondre au président des Etats-Unis'' », a répondu pour sa part le porte-parole du groupe NBCUniversal News, Mark Kornblau.

Brzezinski, elle, a riposté en tweetant une photo d’une pub pour les céréales Cheerios sous-titrée « Fait pour les petites mains », en référence au complexe de Donald Trump, surnommé « un homme vulgaire aux doigts courts » par le rédacteur en chef de Vanity Fair, Graydon Carter.

« S’il vous plaît, arrêtez »

Du côté des élus, même les républicains n’en peuvent plus. « S’il vous plaît, arrêtez. Ce n’est pas normal et c’est indigne de votre fonction », balance le sénateur du Nebraska, Ben Sasse. Pour Lindsay Graham, sénateur de Caroline du Sud, le tweet présidentiel « symbolise tout ce qui ne va pas avec la politique américaine ». Susan Collins, une élue du Maine, demande également à son président « d’arrêter ». « Nous avons trois branches de gouvernement et les médias. Nous n’avons pas à nous entendre, mais nous devons faire preuve de respect et de civisme ».

L’épisode rappelle les attaques de Trump contre une ex-journaliste de Fox News. Après le premier débat de la primaire républicaine, le candidat avait suggéré que Megyn Kelly s’était montrée incisive à cause de ses menstruations. « Même histoire, jour différent », résume le sondeur démocrate Nick Gourevitch. « Trump fait une remarque insultante. Les élus républicains font semblant d’être outrés. Rien ne change. »