Inde: Quatre personnes arrêtées pour le meurtre d'un jeune musulman

CRIME Au moins dix musulmans ont été lynchés ou tués en public depuis avril en Inde...

20 Minutes avec AFP

— 

Des passagers attendent de monter à bord du train à Jalandhar, ville indienne de l'état du Pendjab
Des passagers attendent de monter à bord du train à Jalandhar, ville indienne de l'état du Pendjab — SHAMMI MEHRA / AFP

C’est la dernière victime en date d’une série de lynchages dans ce pays à majorité hindoue. Quatre personnes ont été arrêtées en Inde pour le meurtre d’un adolescent musulman dans un train, a annoncé ce jeudi la police.

Un groupe d’hommes a attaqué la semaine dernière Junaid Khan et ses trois frères dans un train en partance de New Delhi, apparemment pour une dispute autour de sièges, poignardant à mort Junaid et blessant l’un des frères.

Le principal suspect est encore en cavale

Selon l’une des victimes, les assaillants les ont accusés de transporter de la viande bovine, une denrée populaire au sein de la minorité musulmane mais considérée comme blasphématoire par nombre d’hindous pour qui la vache est un animal sacré.

>> A lire aussi : Il tente de la violer, elle lui tranche le pénis

La police a interpellé quatre hommes pour cette agression tandis que le principal suspect a été identifié mais est encore en cavale, a annoncé Mohinder Singh, un responsable de la police de l’Harayana, État mitoyen de Delhi où les faits se sont déroulés.

« Nous avons recueilli les récits de témoins oculaires qui voyagent tous les jours sur ce trajet et concentrons nos efforts sur l’arrestation de l’assaillant au couteau », a-t-il déclaré par téléphone depuis Faridabad, en grande banlieue de la capitale indienne.

Une culture d'« impunité » dénoncée

Cette arrestation survient au lendemain de manifestations dans plusieurs grandes villes d’Inde, rassemblées autour du slogan « Not in my name » (Pas en mon nom) pour dénoncer la série de lynchages de musulmans ou de dalits, communauté considérée comme au bas de l’échelle sociale des castes.

>> A lire aussi : Accord pour mettre fin aux violences de castes en Inde qui ont fait au moins 19 morts

Les groupes de défense des droits de l’homme ont dénoncé une culture d'« impunité » envers les responsables de ces crimes et appelé le gouvernement nationaliste hindou à sévir. « Le schéma des crimes de haine commis contre les musulmans avec une apparente impunité […] est profondément inquiétant », a déclaré Aakar Patel, directeur exécutif d’Amnesty International en Inde, dans un communiqué cette semaine.

Au moins dix musulmans ont été lynchés ou tués en public depuis avril en Inde, dans un contexte de crispation politico-religieuse autour du sujet de la vache sacrée.

Le Premier ministre indien Narendra Modi a condamné jeudi la série de lynchages de musulmans et de membres d’autres minorités commis dans son pays au nom de la protection de la vache, considérée comme sacrée dans l’hindouisme. « Tuer des gens au nom du culte de la vache n’est pas acceptable », a déclaré le dirigeant nationaliste hindou lors d’un discours à Ahmedabad, dans l’Etat du Gujarat (ouest). Narendra Modi était resté silencieux sur ce sujet depuis près d’un an.