Un soldat de l'armée régulière rwandaise, le 11 juin 1994.
Un soldat de l'armée régulière rwandaise, le 11 juin 1994. — ALEXANDER JOE / AFP

JUSTICE

Rwanda: Des plaintes pour «complicité de génocide» visent des officiels français et BNP Paribas

Des associations veulent faire la lumière sur les livraisons d'armes aux génocidaires...

Il reste bien des zones d’ombre concernant le génocide rwandais qui a fait près d’un million de victimes. C’est en partie pour les lever que l’association Survie vient de déposer une plainte contre X, avec constitution de partie civile, pour « complicité de génocide et complicité de crimes contre l’Humanité », selon les informations de Radio France et du Parisien. L’objectif est « de faire la lumière sur les livraisons d’armes aux génocidaires, de janvier à juillet 1994, y compris après l’embargo sur les armes décidé par les Nations unies, le 17 mai 1994 ».

« Notre plainte ne vise pas exclusivement le président de la République et les ministres, mais aussi les membres des cabinets ministériels ou du secrétariat général de l’Elysée, explique à Radio France Safya Akkori, l’avocate de Survie. Elle concerne également des personnalités militaires. […] Il faut faire la lumière sur les relations entre les autorités rwandaises de l’époque et les responsables politiques et militaires français. » L’association espère ainsi qu’un juge d’instruction soit désigné pour enquêter.

Enquêter sur le financement de ces livraisons d’armes

Par ailleurs, l’association anticorruption Sherpa, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) et Ibuka France ont annoncé qu’elles aussi déposaient ce jeudi une plainte avec constitution de partie civile visant BNP Paribas pour « complicité de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ».

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Ces associations accusent le groupe bancaire d’avoir permis le « financement de l’achat de 80 tonnes d’armes, ayant servi à la perpétration du génocide », alors « que la banque ne pouvait douter des intentions génocidaires des autorités du pays pour qui elle a autorisé le transfert » de fonds en juin 1994, selon un communiqué confirmant une information du Monde et de franceinfo. Sollicitée par l’AFP, la banque a indiqué, par la voix d’un porte-parole, ne pas disposer « des éléments suffisants » sur cette plainte « pour être en mesure de la commenter ».