Corée du Nord: Pyongyang menace de tuer l'ex-présidente sud-coréenne

COREE DU NORD Le régime accuse l'ancienne dirigeante du Sud d'avoir validé un projet d'assassinat de Kim Jong-un des services secrets sud-coréens...

M.C. avec AFP

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L'ex-présidente Park Geun-Hye lors de son audition par la justice, le 30 mars 2017.
L'ex-présidente Park Geun-Hye lors de son audition par la justice, le 30 mars 2017. — Lee Yong-Ho/NEWSCOM/SIPA

Avec des mots sans équivoque, la Corée du Nord affirme vouloir « imposer la peine de mort à la traîtresse Park Geun-Hye ». Mercredi, le régime de Pyongyang a menacé de tuer l’ancienne présidente sud-coréenne pour son rôle présumé dans un complot qui aurait visé à assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

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L’ancienne présidente aurait « promu » ce plan attribué aux services de renseignements sud-coréens et qui visait à éliminer les dirigeants nord-coréens, accusent le gouvernement et le ministère public nord-coréens dans un communiqué commun publié par l’agence officielle KCNA. Lundi, le quotidien japonais Asahi avait affirmé, sans citer sa source, que l’ancienne présidente sud-coréenne aurait approuvé un plan visant à renverser Kim Jong-un, les différentes options possibles incluant la « retraite » du leader du Nord, son « exil » ou même l’assassinat.

Kim Jong-un accusé d’avoir fait assassiner son demi-frère en Malaisie

Les autorités nord-coréennes ajoutent que l’ancien patron du Service du renseignement national de Corée du Sud (NIS) Lee Byung-Ho connaîtra le même sort, de même que tous « leurs groupes ». Ils « ne pourront jamais faire appel, même quand viendra l’heure de leur mort, qui interviendra à n’importe quel moment, n’importe où, et par n’importe quelle méthode ».

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La Corée du Nord prononce ces accusations à un moment de fortes tensions sur la péninsule en raison des programmes nucléaire et balistique nord-coréens. En février, le demi-frère en disgrâce de Kim Jong-un, Kim Jong-nam a été assassiné à Kuala Lumpur au VX, un agent neurotoxique puissant. La Corée du Sud et la Malaisie ont imputé ce crime au régime de Pyongyang, qui dénonce de son côté une campagne de diffamation.

Le renseignement sud-coréen dénonce des « allégations sans fondement »

Pyongyang a accusé en mai la CIA et les renseignements sud-coréens d’un complot pour assassiner Kim Jong-un à l’aide de substances biochimiques. Le ministère nord-coréen de la Sécurité de l’Etat affirmait avoir déjoué « un complot vicieux » fomenté par un groupe « terroriste hideux » pour assassiner le chef nord-coréen lors de cérémonies à Pyongyang.

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Park Geun-Hye est actuellement détenue et jugée à Séoul pour son rôle dans un retentissant scandale de corruption qui a entraîné sa destitution. Dans le communiqué diffusé mercredi, les autorités nord-coréennes demandent à Séoul de lui livrer « sans délai » l’ex-présidente et les autres personnes visées en tant qu'« organisateurs de crimes terroristes internationaux hideux ».

Ces accusations sont intervenues au moment où le nouveau président sud-coréen, Moon Jae-In, était en route pour Washington, où il rencontrera pour la première fois son homologue américain Donald Trump. « Comme nous l’avons clarifié plusieurs fois, les allégations du Nord sont sans fondement », a répliqué le NIS dans un communiqué. « Il est intolérable que le Nord menace ouvertement la vie de nos ressortissants ».