Pyongyang a violé l'armistice en envoyant un drone au Sud

TENSIONS L’armée avait analysé le contenu de la carte mémoire de la caméra et déterminé que le drone avait espionné le bouclier antimissile Thaad...

20 Minutes avec AFP

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Le président de la Corée du Nord Kim Jong Un
Le président de la Corée du Nord Kim Jong Un — CHINE NOUVELLE/SIPA

La Corée du Nord a violé les termes de l’armistice de 1953 en envoyant un drone espionner le Sud, a accusé ce mercredi  Séoul qui a demandé une enquête des Nations unies sur cet incident.

Le gouvernement sud-coréen avait annoncé la semaine dernière la découverte la semaine précédente d’un drone équipé d’une caméra qui s’était écrasé sur une colline près de la frontière très militarisée entre les deux Corée.

L’armée avait analysé le contenu de la carte mémoire de la caméra et déterminé que le drone avait espionné le bouclier antimissile Thaad (« Terminal High Altitude Area Defense »).

« Une grave provocation et une violation gratuite de l’armistice »

« Cette action du Nord […] est une grave provocation et une violation gratuite de l’armistice », a déclaré mercredi lors d’une conférence de presse le premier directeur adjoint de l’état-major sud-coréen, Jeon Dong-Jin, en référence au traité qui avait mis un terme à la Guerre de Corée (1950-1953).

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Une enquête approfondie sur l’épave a permis de découvrir l’itinéraire suivi par le drone et de déterminer qu’il avait pris plus de 500 photos du territoire sud-coréen, a affirmé le ministère sud-coréen de la Défense.

« Nous condamnons fermement les provocations des drones du Nord et l’exhortons à cesser immédiatement ces provocations », a déclaré Jeon Dong-Jin, promettant de « fortes représailles » dans le cas contraire. La Corée du Sud a demandé une enquête du Commandement de l’ONU chargé d’observer le respect de l’armistice, qui n’a jamais été suivi d’un traité de paix.

Les mesures de défense coréenne renforcées

L’armée sud-coréenne a précisé qu’elle allait renforcer les mesures de défense contre les activités d’espionnage des drones nord-coréens, ajoutant à la fois à la frontière des radars et des armes antiaériennes. Séoul a gelé au début du mois le déploiement du Thaad après une virulente campagne de la Chine qui a alterné représailles économiques et protestations diplomatiques.

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Ce gel, qui enfonce un coin dans la politique de sécurité régionale de Washington, est justifié officiellement par la nécessité d’une nouvelle évaluation exhaustive de l’impact environnemental du bouclier.

Mais d’après les analystes, il s’agit d’une manœuvre du président de centre-gauche Moon Jae-In pour se sortir du casse-tête diplomatique hérité de la présidente conservatrice destituée, Park Geun-Hye.