L'Inde et la France discutent énergie nucléaire et armement

DIPLOMATIE Les deux pays renforcent leur coopération dans ce domaine mais aucun accord est signé…

Avec agence

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Arrivé au petit matin à New Delhi, le président français, accompagné de plusieurs ministres et d'une délégation d'une cinquantaine de chefs d'entreprises, s'est immédiatement entretenu avec le Premier ministre indien Manmohan Singh.
Arrivé au petit matin à New Delhi, le président français, accompagné de plusieurs ministres et d'une délégation d'une cinquantaine de chefs d'entreprises, s'est immédiatement entretenu avec le Premier ministre indien Manmohan Singh. — Eric Feferberg AFP

L'Inde et la France ont décidé vendredi, au premier jour de la visite d'Etat de Nicolas Sarkozy, de doper leur coopération dans le nucléaire civil et le secteur de la défense, mais aucun accord ou contrat majeur n'est venu concrétiser cette promesse.
 
Arrivé au petit matin à New Delhi, le Président français, accompagné de plusieurs ministres et d'une délégation d'une cinquantaine de chefs d'entreprises, s'est immédiatement entretenu avec le Premier ministre indien Manmohan Singh. Les deux dirigeants ont affirmé leur volonté de «renforcer» le «partenariat stratégique» scellé en 1998 entre les deux puissances sur les questions politiques et d'intensifier leurs relations dans les secteurs clés de l'énergie nucléaire et de l'armement.
 
L'accord de l'AIEA nécessaire
 
Mais le chef d'Etat français a dû se contenter avec ses hôtes indiens de déclarations d'intention. Notamment sur le nucléaire, où tout accord avec l'Inde, puissance atomique qui n'a pas signé le traité de non-prolifération (TNP), est suspendu à un feu vert de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA).
 
New Delhi et Paris ont assuré avoir bouclé leurs «négociations afin de parvenir à la conclusion d'un accord bilatéral sur la coopération nucléaire civile» identique à ceux paraphés par la France avec l'Algérie, la Libye et les Emirats arabes unis, qui incluent la vente de centrales de technologie française EPR. «Nous passerons à la phase opérationnelle dès que l'Inde aura conclu un accord avec l'AIEA , la France sera l'avocate de l'Inde pour l'accès au nucléaire civil», a assuré Nicolas Sarkozy. Le chef du gouvernement indien s'est borné à «espérer sincèrement» que les négociations avec l'AIEA «puissent se conclure avec succès sans retard».
 
Des accords sur l'armement à venir?
 
Sur le gros marché de l'armement indien, les deux pays ont également décidé de resserrer leurs liens. Mais aucun contrat commercial n'est encore venu matérialiser ces promesses. Le groupe Thales et l'Elysée ont fait savoir que l'Inde devait lancer sous peu un appel d'offres réservé aux industriels français pour la modernisation de ses 51 avions Mirage-2000, un contrat potentiel de 1,5 milliard d'euros. Le patron de Dassault Aviation Charles Edelstenne, a annoncé à New Delhi qu'il répondrait d'ici début mars, avec son Rafale, au colossal appel d'offres de 10,2 milliards de dollars lancé pour l'acquisition de 126 avions de combat. Mais sans aucune garantie de succès face à la concurrence russe ou américaine.
 
Sur le terrain diplomatique enfin, Nicolas Sarkozy a promis de tout faire pour que l'Inde soit incluse dans un futur G13 et au sein du Conseil de sécurité de l'ONU. Une idée plus que bien reçue à New Delhi.