Le prince Charles, chair à tabloïd

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Les Windsor font une fois de plus la une des journaux. Depuis des siècles, la famille royale britannique répondait aux rumeurs et aux accusations publiées dans la presse par un silence hautain. Une tradition à laquelle le prince Charles a mis fin la semaine dernière. Depuis une dizaine de jours, les médias britanniques bruissaient des rumeurs les plus folles sur ses inclinations sexuelles. Fin octobre, le Mail on Sunday avait voulu publier un scoop, fondé sur le récit d’un ancien valet des Windsor, George Smith, 43 ans. Ce dernier accuse un autre ancien domestique, Michael Fawcett, 40 ans, de l’avoir violé dans les années 1980. « Un incident de nature sexuel » dans lequel « un membre important de la famille royale » serait impliqué, selon les termes de la presse britannique. La publication du scoop a été interdite par la justice, à la demande de Michael Fawcett. Mais voilà que jeudi dernier, en visite officielle en Inde et dans le Golfe, le prince de Galles et futur roi d’Angleterre a cru bon de tuer dans l’oeuf ces rumeurs. Dans un communiqué, il a démenti l’allégation « ridicule » et « risible » de George Smith, tout en révélant que c’était lui qui était mis en cause. Il n’en fallait pas plus pour déchaîner les médias, malgré la sévère législation sur la protection de la vie privée. Résultat : depuis vendredi, les journaux s’évertuent à parler de l’affaire sans la détailler et à décrire ses protagonistes sans les nommer. A seule fin de vendre toujours plus de papier. Clémence Lemaistre

détail A cause de la stricte législation britannique sur la protection de la vie privée, les journaux étrangers parlant de l’affaire en détail n’étaient pas dans les kiosques anglais, samedi. Et hier, Le Monde n’a pas été distribué outre-Manche.