Grande-Bretagne: Des discussions secrètes sur un «Brexit doux»

GRANDE-BRETAGNE Des ministres de Theresa May et des membres du Labour se concerteraient pour forcer la Première ministre à faire des compromis sur la sortie de l’UE, rapporte le « Telegraph »…

M.C. avec AFP

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Theresa May à Londres, le 12 juin 2017.
Theresa May à Londres, le 12 juin 2017. — Daniel LEAL-OLIVAS / AFP

Les législatives, un nuage de lait dans la politique de Theresa May ? Le fiasco électoral enregistré jeudi par la Première ministre britannique pourrait rebattre les cartes en ce qui concerne la sortie de l’UE du Royaume-Uni, les tenants d’un Brexit « doux » espérant désormais l’emporter sur le Brexit « dur » qui semblait jusque-là prévaloir au sein du gouvernement.

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« May a perdu son autorité concernant le Brexit et tout le reste. Toutes les options sont à nouveau sur la table », juge Stephen Barber, un expert de la London South Bank University. Des ministres de premier plan du gouvernement et des membres du Labour, tenants du Brexit « doux », auraient même eu des discussions secrètes pour encourager cette solution, révèle mardi le Telegraph.

Des compromis sur l’immigration, l’union douanière et le marché unique

Selon le quotidien, ces discussions entre des responsables conservateurs et travaillistes ont pour but de forcer Theresa May à faire des compromis sur l’immigration, l’union douanière et le marché unique. Il serait aussi question d’avoir d’une commission pluripartite sur le Brexit. La dirigeante, qui prône un Brexit « dur », est « consciente » de l’existence de ces négociations, mais n’aurait rien fait jusqu’à présent pour y mettre fin, poursuit le Telegraph.

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Dans le scénario d’un Brexit « dur », le Royaume-Uni quitterait le marché unique européen, fermerait ses portes à l’immigration européenne et sortirait de la Cour de justice européenne. Theresa May se réservait aussi la possibilité de quitter l’UE « sans accord plutôt qu’avec un mauvais accord ».

Les avocats d’un Brexit « doux » souhaitent quant à eux le maintien d’un accès au marché unique et ne veulent pas entendre parler d’une sortie sans accord. A peine le résultat des élections tombé, le ministre des Finances Philip Hammond, en faveur de l’UE par pragmatisme économique, a appelé Theresa May à penser aux « emplois d’abord », selon les médias britanniques.

Les tenants du Brexit « dur », « mieux organisés », « vont prendre May en otage »

Lundi, le ministre chargé du Brexit, David Davis, a pourtant rejeté l’idée selon laquelle la contre-performance des conservateurs aux législatives de jeudi pourrait contraindre le gouvernement à revoir sa copie. Sortir de l’Europe, a-t-il expliqué, « nous entraîne en dehors du marché unique, que cela nous plaise ou nous ».

David Davis « a dit que nous avions clairement exposé nos positions et qu’il n’y avait aucun changement », a souligné un porte-parole de Theresa May. L’entrée de Michael Gove au gouvernement plaide aussi en faveur du maintien de cette ligne. Le nouveau ministre de l’Environnement avait été l’un des principaux artisans de la campagne du Brexit, avant d’être écarté en raison de rivalités internes.

Pour Stephen Barber, un expert de la London South Bank University, son retour permettra à Theresa May de « montrer à l’aile droite (du parti) qu’elle est toujours déterminée à mener à bien le Brexit », tout en calmant les ardeurs de ce concurrent potentiel, connu pour son ambition, au poste de Premier ministre.

Daniel Vernazza, chef économiste Royaume-Uni de la banque UniCredit, estime quant à lui que les tenants du Brexit « dur » au sein des conservateurs sont « mieux organisés » et « vont prendre (Theresa May) en otage ». Pour l’éditorialiste du Financial Times Wolfgang Munchaü, « le degré de dureté ou de douceur du Brexit ne dépend pas unilatéralement des électeurs britanniques » mais aussi de la position des 27 autres membres de l’UE.