VIDEO. Le héros de la résistance aux nazis sort l'ambassadeur d'Allemagne de l'embarras

GRECE Chahuté par Zoé Konstantopoulou au sujet des réparations de guerre, l'ambassadeur allemand a reçu le soutien du héros grec Manolis Glezos

avec AFP

— 

Le drapeau grec flotte sur l'Acropole à Athènes, le 12 février 2014
Le drapeau grec flotte sur l'Acropole à Athènes, le 12 février 2014 — LOUISA GOULIAMAKI AFP

A 19 ans, Manolis Glezos avait lancé symboliquement le mouvement de résistance grecque en arrachant le drapeau nazi qui flottait au sommet de l’Acropole. C’était en 1941. Soixante-seize ans plus tard, c’est en tirant l’ambassadeur d’Allemagne d’une situation embarrassante qu’il émeut de nouveau le monde.

>> A lire aussi : Allemagne: Le colis piégé au ministère des Finances venait de Grèce

La scène, largement diffusée depuis sur les réseaux sociaux, se déroule samedi. Invité à déposer une gerbe de fleurs en hommage aux 218 victimes du massacre de Distomo perpétré par les SS, l’ambassadeur allemand se retrouve pris à partie par l’ex-présidente du Parlement, Zoé Konstantopoulou. En cause, le non paiement des réparations de guerre par l’Allemagne aux victimes grecques du conflit mondial.

« Vous devez payer les réparations allemandes aux victimes », « vous n’avez pas le droit », lui lance-t-elle. Des « bravo » et des « honte » s’élèvent de la foule, l’embarras gagne la délégation allemande.

Tandis que la transfuge du parti de gauche au pouvoir, Syriza, tente de l’empêcher de déposer la couronne, c’est Manolis Glezos, assis au premier rang, qui se lève et prend le diplomate par la main, comme le montre cette vidéo relayée par les médias grecs.


« L’enfant d’un criminel, quels que soient les crimes de son père ou de sa mère, n’est pas responsable », s’explique ensuite à la tribune ce porte-drapeau du combat grec pour obtenir de l’Allemagne le paiement des réparations allemandes.

Le dossier des réparations, chiffrées par la Grèce à quelque 270 milliards d’euros, a connu un nouvel élan avec la crise que le pays traverse depuis 2010 et dans laquelle l’Allemagne incarne la rigueur imposée par les créanciers, Union européenne et Fonds monétaire international.

Berlin oppose une totale fin de non-recevoir, estimant que la question a été réglée avec la réunification allemande.