Législatives au Royaume-Uni: Les conservateurs perdent la majorité absolue au Parlement

ELECTIONS Le parti conservateur est arrivé en tête des législatives anticipées de jeudi mais perd la majorité absolue au Parlement…

C.P. avec AFP

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La Premiere ministre britannique Theresa May, le 23 mars 2017.
La Premiere ministre britannique Theresa May, le 23 mars 2017. — Jack Taylor/AP/SIPA

Un camouflet. La Première ministre conservatriceTheresa May est sous pression ce vendredi, après la perte par son parti conservateur de la majorité absolue au Parlement britannique, un résultat qui plonge le pays dans l’incertitude avant l’ouverture des négociations du Brexit.

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Une trentaine de nouveaux sièges raflés par les travaillistes

C’est un échec personnel pour Theresa May, qui avait convoqué ces élections législatives anticipées en comptant en obtenir une majorité renforcée pour négocier la sortie de l’Union européenne.

Les conservateurs sont en tête du scrutin mais ont perdu une douzaine de sièges, tandis que l’opposition travailliste en a gagné une petite trentaine, selon ces résultats quasi définitifs au terme desquels les Tories ne peuvent plus obtenir de majorité absolue.

Le taux de participation (68,72 %) est le plus élevé pour des élections législatives depuis 1997.

Theresa May, qui disposait d’une majorité de 17 sièges dans le Parlement sortant, espérait avoir les coudées franches pour négocier un Brexit « dur » avec les 27 à partir du 19 juin, un an après le référendum pour la sortie de l’UE.

Mais les travaillistes de Jeremy Corbyn, tenant de l’aile gauche, ont contrarié ces plans au terme d’une campagne réussie. Largement réélu dans sa circonscription d’Islington, au nord de Londres, il a immédiatement appelé Theresa May à la démission.

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Appels à la démission

« Elle a perdu des sièges conservateurs, perdu des voix, perdu le soutien et la confiance. C’est assez pour qu’elle parte et laisse la place à un gouvernement vraiment représentatif », a déclaré le vétéran barbu de 68 ans.

Au sein même des Tories, l’ancienne ministre Anna Soubry a estimé que la Première ministre devait envisager une démission, soulignant qu’elle se trouvait « dans une situation très difficile ».

Theresa May, reconduite à Maidenhead (ouest), s’est contentée d’affirmer que « quels que soient les résultats », son parti « assurer (ait) la stabilité » dont « le pays a besoin ».

Elle doit s’exprimer à nouveau dans la matinée. Les médias britanniques affirmaient qu’elle ne devrait pas jeter l’éponge et tenter de former un gouvernement minoritaire, peut-être avec l’appui du parti nord-irlandais unioniste DUP.

Incertitude autour du Brexit

La livre sterling, a immédiatement chuté à l’annonce des projections à 21H00 GMT, tant face à l’euro que face au dollar, et restait vendredi sous pression. La Bourse de Londres a quant à elle ouvert en hausse de 0,60 %, les grandes multinationales cotées sur ce marché profitant de l’affaiblissement de la livre.

Le commissaire européen français Pierre Moscovici a estimé que la cheffe du gouvernement britannique avait « perdu son pari » et se trouvait « dans une situation moins simple ». La Commission européenne « est prête, elle, à ouvrir les négociations », a-t-il réaffirmé.

Pour son homologue allemand, Günther Oettinger, Londres est désormais un partenaire « faible » et « mauvais » pour négocier leBrexit.

A Paris, Le Premier ministre Edouard Philippe a jugé que ces résultats étaient « une forme de surprise » qui ne remettait cependant pas « en cause » le

Le négociateur en chef de l’UE sur le Brexit, Michel Barnier, a laissé entendre vendredi que Bruxelles pourrait laisser plus de temps au Royaume-Uni avant de débuter les négociations, après ces résultats : « Les négociations sur le Brexit devraient débuter quand le Royaume-Uni sera prêt ; le calendrier et les positions de l’UE sont claires. Unissons nos efforts pour conclure un accord », a twitté Michel Barnier, qui avait dit espérer débuter les discussions la semaine du 19 juin.