Human Rights Watch critique Theresa May sur les droits de l'Homme après un tweet

POLEMIQUE La Première ministre britannique a déclaré ce mercredi qu’elle était prête à modifier les textes qui définissent les droits de l’Homme s’ils « empêchent de combattre l’extrémisme et le terrorisme », afin de « protéger les Britanniques »…

A.B. avec AFP

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Theresa May s'exprime le 4 juin 2017 après les attaques à Londres.
Theresa May s'exprime le 4 juin 2017 après les attaques à Londres. — JUSTIN TALLIS / AFP

Human Rights Watch a critiqué mercredi la Première ministre britannique Theresa May pour le durcissement de son ton vis-à-vis des droits de l’Homme dans le cadre de la lutte antiterroriste après l’attentat de samedi à Londres.

Un « bobard »

« Comme si George W. Bush n’avait jamais existé, le Royaume-Uni fait la promotion du bobard que la violation des droits protège du terrorisme », a dénoncé sur Twitter Kenneth Roth, le directeur général de l’ONG basée à New York, faisant référence aux mesures antiterroristes controversées votées aux Etats-Unis sous le président George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001. Il a, toujours sur le réseau social, estimé que ce sont davantage de moyens alloués à la police qui auraient pu permettre d’éviter les attaques terroristes à Londres, et que « les droits de l’Homme ne sont pas un obstacle à la lutte contre le terrorisme ».

Kenneth Roth a écrit son message en relayant un tweet de Theresa May dans lequel elle affirme : « Je le dis très clairement : si les textes qui définissent les droits de l’Homme nous empêchent de combattre l’extrémisme et le terrorisme, alors nous modifierons ces lois pour protéger les Britanniques ».

La Première ministre a tenu ces propos mardi devant ses partisans lors d’un meeting à Slough, dans la banlieue de Londres, à deux jours des législatives anticipées au Royaume-Uni.

Son principal rival, le leader du Parti travailliste Jeremy Corbyn, a répondu qu’il ne pensait pas que « les candidats au terrorisme et aux attentats-suicides seront effrayés par l’idée de peines de prison plus longues » ou de lois liberticides.

Le patron du Labour a ajouté qu’il faudrait plutôt embaucher davantage de policiers, alors que les effectifs ont été amputés de 20.000 agents entre 2009 et 2016, période durant laquelle Theresa May était ministre de l’Intérieur.