VIDEO. Législatives: Les attentats à Londres «ne changeront ni mon point de vue, ni mon vote»

REPORTAGE Les Britanniques sont appelés aux urnes ce jeudi pour nommer un nouveau parlement, cinq jours après l’attentat meurtrier qui a frappé Londres…

Clémence Apetogbor

— 

Londoniens et touristes s'arrêtent pour rendre hommage aux victimes de l'attentat de Londres près du London Bridge
Londoniens et touristes s'arrêtent pour rendre hommage aux victimes de l'attentat de Londres près du London Bridge — C. APETOGBOR / 20 MINUTES

De notre envoyée spéciale à Londres,

Le pas ralentit, les regards se baissent sur les parterres de fleurs disposés près du London Bridge, au cœur de la capitale britannique, meurtrie après l’attentat qui a fait huit morts samedi. Mais ce mercredi, en ce dernier jour de campagne des législatives, la politique reste au cœur des discussions des Britanniques.

>> A lire aussi : Les bookmakers misent sur Theresa May

Michelle, qui accompagne son fils pour un rendez-vous à l’hôpital à quelques mètres à peine, s’arrête un instant et salue les nombreux hommages laissés par des centaines d’anonymes. Cette mère de famille, originaire du comté de Cumbria, situé au nord-ouest de l’Angleterre, craignait quelque peu de venir ici à l’approche de l’élection : « mon mari m’a dit que la sécurité serait renforcée, et nous avions ce rendez-vous médical que nous ne pouvions reporter ».

Des attentats sans influence sur le scrutin ?

Dès demain, elle rentrera chez elle, et n’oubliera pas de se rendre aux urnes. « Nous allons rentrer et j’irai voter dans la soirée. Je vais voter pour les conservateurs même si je n’ai plus vraiment foi en eux. Mais je pense que Theresa May reste la personne la plus compétente pour lutter contre le terrorisme. » Pourtant, elle en est persuadée, les trois attaques qui ont touché le pays ces trois derniers mois ne changeront pas l’issue du scrutin. L’avance que pourrait avoir la Première ministre britannique pourrait en revanche se réduire, estime Michelle.

>> A lire aussi : Unis et solidaires, les Mancuniens défient la terreur

Chris, lui, ne se sent pas moins en sécurité qu’auparavant. « Comparativement aux autres grandes villes, Londres m’a toujours paru sûre. Mais les événements nous rappellent qu’il faut être vigilant. Nombre d’entre nous estiment qu’ils soulèvent des questions auxquelles le nouveau gouvernement devra répondre », explique l’homme de 26 ans, manager dans la publicité.

« Pourquoi devrais-je avoir peur ? »

Comme Michelle, il reste convaincu que les attentats ne changeront pas l’issue du scrutin, alors que les questions de sécurité se sont toutefois imposées au cœur des débats entre Theresa May et son adversaire travailliste Jeremy Corbyn.

Qu’importe leur opinion politique et le candidat pour lequel ils entendent voter, ces Britanniques restent persuadés de la nécessité de rester unis et de ne pas céder face au terrorisme.

« Pourquoi devrais-je avoir peur ?, interroge Natalie. Il ne s’agit là que d’une minorité qui hait l’humanité. Ces attaques ne changeront pas mon point de vue, ni mon vote », affirme la jeune femme venue déposer des fleurs sur le lieu de l’attaquequi a fait 8 morts et 48 blessés, dont 29 sont toujours hospitalisés et dix d’entre eux dans un état critique.

« Je ne suis pas capable de parler au nom de tous », explique-t-elle, estimant toutefois que la question essentielle qu’aura à traiter ce nouveau parlement reste celle du Brexit.