VIDEO. Grande-Bretagne: J-1 avant des législatives sur fond de Brexit et d'attentats

LEGISLATIVES Theresa May a perdu son avance sur les travaillistes de Jeremy Corbyn, certains sondages allant même jusqu’à avancer qu’elle pourrait perdre sa majorité…

Manon Aublanc avec AFP

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Theresa May en meeting pour défendre le parti conservateur lors des législatives à Slough dans le sud-est de l'Angleterre, le 6 juin 2017.
Theresa May en meeting pour défendre le parti conservateur lors des législatives à Slough dans le sud-est de l'Angleterre, le 6 juin 2017. — Ben STANSALL / AFP

A J-1 des législatives anticipées, la Première ministre britannique Theresa May tient ses derniers meetings mercredi pour un scrutin à hauts risques et plus incertain que prévu après une campagne marquée par les attentats.

La cheffe du gouvernement conservateur a fait le pari de convoquerces élections trois ans avant la date prévue afin de renforcer sa majorité pour avoir les coudées franches au moment de négocier les termes du Brexit avec Bruxelles.

« A moins de 50 sièges d’avance, ce sera considéré comme une très mauvaise performance »

Les bookmakers continuent eux de tabler sur une victoire confortable des Conservateurs qui leur permettrait d’étendre leur majorité actuelle de 17 sièges à entre 40 et 70 sièges. « A moins de 50 sièges d’avance, ce sera considéré comme une très mauvaise performance pour » Theresa May, commente Iain Begg, politologue de la London School of Economics. « Elle va sans doute gagner mais beaucoup moins qu’elle ne le pensait en convoquant les élections », souligne-t-il.

Les élections interviennent dans un contexte très particulier, dans un pays confronté à l’immense défi du Brexit et frappé par trois attentats djihadistes en moins de trois mois. La campagne a été suspendue à deux reprises, la première fois après l’attentat-suicide de Manchester ayant fait 22 morts le 22 mai, la deuxième au lendemain de l’attaque terroriste qui a fait sept morts ce samedi à Londres.

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Jeremy Corbyn, un adversaire plus performant que prévu

Les analystes estiment qu’il est très difficile de prévoir les répercussions des attentats sur le scrutin. Les conservateurs sont parfois jugés comme plus crédibles sur les questions de sécurité. La répétition des attaques commises par des auteurs presque tous connus des autorités et les critiques sur les réductions d’effectifs dans la police par les conservateurs depuis 2010 ne jouent pas en faveur du pouvoir en place. Jeremy Corbyn, vétéran radical de 68 ans, s’est révélé plus coriace et performant que beaucoup ne le pensaient, y compris dans son propre camp.

Il a mené une campagne de proximité sur des thèmes qui touchent de près les électeurs comme la santé, l’aide sociale et les inégalités. Theresa May, elle, a dû rétropédaler sur l’augmentation de la contribution des seniors aux soins de santé, sujet ultrasensible touchant au porte-monnaie. Paul Howell, candidat conservateur dans le Yorkshire (nord), a reconnu que sa volte-face sur les budgets sociaux avait semé le trouble. « Cela a modifié la perception » de la campagne conservatrice, a-t-il expliqué. Pour d’autres candidats conservateurs, la Première ministre a tout simplement « merdé sur toute la ligne ».

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Les négociations avec l’UE ne seront pas « la seule question dans l’esprit des électeurs »

Bousculée par les travaillistes, Theresa May a bien tenté de remettre au cœur de la campagne le dossier du Brexit. Las, les attentats successifs ont à chaque fois remis sur la table les questions de coupes budgétaires dans la police et plus largement dans la fonction publique. Le Labour a pioché des voix auprès des partisans et des opposants au Brexit, relève le spécialiste en sondages John Curtice, montrant que la conduite des négociations avec l’UE « ne sera pas nécessairement la seule question dans l’esprit des électeurs lorsqu’ils se prononceront le 8 juin ».

Au nord, les nationalistes écossais du SNP espèrent préserver leur écrasante domination au Parlement de Westminster - 56 sur 59 sièges attribués à l’Ecosse actuellement - pour continuer à prôner un nouveau référendum d’indépendance. Et le parti libéral-démocrate, farouchement europhile, espère améliorer son faible score de 9 députés mais sans jamais avoir réussi à s’imposer comme un recours anti-Brexit lors de la campagne.