L'ex chef du FBI James Comey le 3 mai 2017 devant la commission de justice du Sénat à Washington.
L'ex chef du FBI James Comey le 3 mai 2017 devant la commission de justice du Sénat à Washington. — JIM WATSON / AFP

JUSTICE

Etats-Unis: Trump «autorise» l'ex-chef du FBI à témoigner sur l'affaire russe

L'audition devant le Congrès aura lieu jeudi à 10 heures... 

Le dernier obstacle potentiel est levé. L’ancien chef du FBI, James Comey, pourra témoigner jeudi devant le Congrès sa version, potentiellement explosive, de la tentaculaire affaire russe qui envenime la présidence américaine : Donald Trump a annoncé qu’il ne lui demandera pas de renoncer à témoigner.

« Afin de faciliter un examen rapide et rigoureux des faits par la commission du Renseignement du Sénat, le président Trump n’exercera pas sa prérogative en ce qui concerne le témoignage de James Comey », annonce l’exécutif américain. Ce témoignage est très attendu et pourrait potentiellement mettre en difficulté le président Donald Trump.

L’ancien premier policier des Etats-Unis, licencié le 9 mai, sera notamment interrogé par les élus sur la question cruciale de savoir si Donald Trump a, oui ou non, exercé une pression sur le FBI pour infléchir son enquête. Avec en toile de fond une autre interrogation : ces faits peuvent-ils valoir au président américain une procédure de destitution, un mot qui n’est plus tabou depuis quelques semaines à Washington. Il pourrait aussi livrer le contenu des notes qu’il a consignées, dont l’existence a été évoquée par plusieurs médias américains, affirmant que Donald Trump lui a demandé en tête-à-tête de « laisser tomber » l’enquête du FBI sur son ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, personnage central du dossier russe.

Une inquiétude pour les opposants

Cette audition au Sénat américain est très attendue et pourrait mettre en difficulté le président républicain, au moment où l’étau des enquêtes parlementaires et de la police fédérale sur les ramifications de l’ingérence russe présumée dans la présidentielle de 2016 semble se resserrer autour du milliardaire.

Depuis que ce témoignage public a été annoncé, une possible obstruction à l’audition par Donald Trump était devenue l’une des principales sources d’inquiétude des opposants au président américain, plusieurs milliers de manifestants ayant par exemple battu le pavé dans plus de 150 villes aux Etats-Unis samedi pour exiger la « vérité » sur la Russie et l’indépendance de l’enquête.

Le président américain, de son côté, nie toute intervention auprès du FBI autant qu’il dément une collusion avec Moscou.