Les Comores exigent des excuses après la «blague» de Macron sur les migrants

DIPLOMATIE Le président avait dérapé lors d'un déplacement en Bretagne... 

20 Minutes avec AFP

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Le président comorien Azali Assoumani a été reçu à l'Elysée le 4 octobre 2016.
Le président comorien Azali Assoumani a été reçu à l'Elysée le 4 octobre 2016. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Les relations se sont tendues entre les Comores et la France. Le ministre comorien des Affaires étrangères, Mohamed Bacar Dossar, a exigé ce lundi des excuses du président français Emmanuel Macron, jugeant que sa plaisanterie sur les « kwassa-kwassa » était « choquante et méprisante ».

A l’occasion d’un déplacement en Bretagne, jeudi, le chef de l’Etat français avait plaisanté au sujet de ces frêles embarcations sur lesquelles périssent de nombreux migrants comoriens tentant de rejoindre Mayotte, le département français voisin. « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent », avait lancé le président lors d’un échange avec des responsables d’un centre régional d’observation et de sauvetage.

L’ambassadeur de France convoqué

« Ce sont des propos choquants et méprisants. Le peuple comorien a droit à la dignité et des excuses sont nécessaires », a déclaré à l’AFP Mohamed Bacar Dossar. « L’emploi du mot « du » est méprisant, nous sommes choqués, on attend une mise au point sérieuse de l’Elysée. J’ai convoqué l’ambassadeur de France pour lui faire part de notre indignation », a ajouté le ministre.

Les migrants, qui partent notamment de l’île comorienne d’Anjouan, empruntent ces « kwassa-kwassa », des embarcations de fortune, pour rallier les côtes de Mayotte illégalement, parfois au péril de leur vie. Ces traversées ont causé « entre 7.000 et 10.000 morts depuis 1995 », selon un rapport du Sénat français de 2012. La présidence comorienne a quant à elle déploré une « déclaration inconsidérée » à mettre « sur le compte de la jeunesse ».

Emmanuel Macron et son homologue comorien Assoumani Azali se sont entretenus au téléphone, convenant de « travailler dans un esprit d’apaisement et de confiance mutuelle », a indiqué lundi l’Elysée. Face à l’indignation, l’entourage du chef de l’Etat avait déjà reconnu samedi « un trait d’humour malheureux qui a pu blesser ».