Quand la Première ministre britannique dit avoir eu «les couilles» de convoquer des législatives

FRANC-PARLER Un registre de langage inhabituel pour un Premier ministre britannique...

20 Minutes avec AFP

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Theresa May, la Première ministre britannique, en meeting à Guisborough, au nord de l'Angleterre, le 1er juin 2017.
Theresa May, la Première ministre britannique, en meeting à Guisborough, au nord de l'Angleterre, le 1er juin 2017. — WERMUTH / POOL / AFP

Elle n'a pas mâché ses mots. «J'ai eu les couilles de le faire»: employant un registre de langage inhabituel pour un Premier ministre britannique, Theresa May a défendu vendredi sa décision d'organiser les législatives du 8 juin, malgré des sondages en baisse à l'approche du scrutin.

Pas de regrets malgré des sondages en berne

A moins d'une semaine du vote, la Première ministre a participé vendredi soir sur la BBC à un duel télévisé avec le leader de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn, tous deux étant interrogés successivement, et séparément, par le public et un journaliste. Lors d'une séquence délicate pour la cheffe de l'exécutif conservatrice, elle s'est vu demander d'expliquer ses revirements successifs sur différents sujets, à commencer par sa décision d'organiser ce scrutin alors qu'elle avait assuré ne pas vouloir le faire.

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«J'aurais pu rester en poste pour encore quelques années et ne pas convoquer d'élection. J'ai eu les couilles de le faire», a déclaré Theresa May, assurant également ne pas avoir de regrets malgré des sondages qui, s'ils donnent toujours le parti conservateur vainqueur, sont bien moins favorables qu'il y a encore quelques semaines.

«Le seul sondage qui compte, c'est celui qui aura lieu le jour du vote», a-t-elle dit, affirmant que seuls les Tories respecteraient «la volonté des Britanniques de faire le travail et de réussir le Brexit».

Autre moment difficile

Autre moment difficile pour la Première ministre: une question posée par une jeune fille souffrant de troubles mentaux, au bord des larmes en décrivant un système de santé public (NHS) incapable de répondre humainement à ses difficultés. «Je ne vais pas chercher à trouver des excuses pour la manière dont on vous a traitée», a répondu Theresa May, disant vouloir améliorer la détection des troubles mentaux à l'école.

Face au même public, Jeremy Corbyn, chantre de la gauche radicale et pacifiste convaincu, a été longuement cuisiné sur son approche en matière d'usage de l'arme nucléaire, refusant de dire clairement s'il était prêt à utiliser le feu nucléaire en cas d'attaque contre le Royaume-Uni. «Je considère l'idée d'avoir à utiliser une arme nucléaire comme résultant d'un échec du système diplomatique mondial», a-t-il répondu. «Si nous l'utilisons, des millions de personnes mourront. C'est quelque chose que vous devez envisager. Je déciderai en fonction des circonstances», a-t-il dit.