Etats-Unis: Un diplomate sans voix après une question sur la démocratie en Arabie saoudite

REACTION Un journaliste de l’AFP a fait perdre tous ses moyens à un diplomate américain…

Manon Aublanc

— 

Donald Trump en voyage officiel en Arabie saoudite à Riyad, le 22 mai 2017.
Donald Trump en voyage officiel en Arabie saoudite à Riyad, le 22 mai 2017. — MANDEL NGAN / AFP

Stuart Jones, adjoint au secrétaire d’Etat chargé des affaires du Proche-Orient, a tenu une conférence de presse ce mardi pour débriefer la tournée au Moyen-Orient du président américain Donald Trump.

Avant d’être représentant du département d’Etat, ce diplomate a été en mission en Egypte, au bureau des affaires européennes et eurasiennes avant de devenir ambassadeur des Etats-Unis en Jordanie puis en Irak de 2014 à 2016. Pourtant rompu à l’exercice, face aux journalistes, ce dernier est resté sans voix. Au sens littéral du terme.

« Comment caractérisez-vous dès lors l’engagement de l’Arabie saoudite par rapport à la démocratie ? »

En cause, la question de Dave Clarke, un journaliste de l’AFP. Ce dernier a d’abord rappelé que la Maison-Blanche avait « critiqué le processus électoral en Iran », et ce en présence « d’officiels saoudiens ». Dave Clarke demande alors : « Comment caractérisez-vous dès lors l’engagement de l’Arabie saoudite par rapport à la démocratie ? Et cette administration pense-t-elle que la démocratie est une barrière contre l’extrémisme ? »

Dix-sept secondes de silence et une réponse alambiquée 

Le malaise est assez facilement visible sur le visage de Stuart Jones. Pendant 17 (longues) secondes, le représentant du département d’Etat ne pipe mot. Et pour cause, la question insinuée est : Pourquoi l’administration Trump critique-t-elle les manquements démocratiques en Iran, mais reste silencieuse sur la situation en Arabie saoudite, un pays avec lequel les Américains viennent de signer pour plus de 380 milliards de dollars de contrats ?

Et la réponse reste très floue : « Nous avons été en mesure de réaliser des progrès significatifs avec les Saoudiens et les partenaires du Conseil de coopération du Golfe (CGG), à la fois pour faire des déclarations fortes contre l’extrémisme et aussi… euh… Et nous avons aussi mis en place certaines mesures à travers les mécanismes du CGG, où nous pouvons combattre l’extrémisme. Clairement, une des sources d’extrémisme, une source de menaces de terroristes, vient d’Iran. Et cela vient d’une partie de l’appareil [d’Etat] iranien qui n’est pas sensible au verdict des urnes. » Des paroles qui n’ont pas répondu à la question du journaliste de l’AFP.