Etats-Unis: Le cas d’un jeune condamné à 200 jours de prison pour le viol de sa sœur révolte le Web

JUSTICE ? Un jeune homme ayant drogué puis violé sa soeur en 2016 a été condamné le 17 mai à 240 jours de prison. Les internautes dénoncent une décision laxiste...

Marie Lombard

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Aux Etats-Unis, un violeur de 19 ans a été condamné à 240 jours de prison
Aux Etats-Unis, un violeur de 19 ans a été condamné à 240 jours de prison — KAISER/CARO FOTOS/SIPA

L’histoire est celle d’un jeune homme californien de 19 ans, habitant de Crescent City, qui a violé sa sœur de 3 ans sa cadette. Alors qu’ils étaient au domicile familial le 11 juillet 2016, Nolan Bruder a ainsi entrepris de faire des avances à la jeune fille jusqu’à ce que, devant ses refus répétés, il lui propose de fumer de la marijuana et de l’huile de haschich pour qu’elle cesse de résister.

« Ça a atteint un tel point que je ne pouvais plus dire "non" », a témoigné l’adolescente, interrogée par le Los Angeles Times. « Je ne savais même pas comment, alors j’ai fini par coucher avec lui. » Elle rapporte également que sur une échelle de 1 à 10, elle planait à 9 et ne reconnaissait plus son frère.

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240 jours de prison pour ne pas « stigmatiser » le violeur

Jugé le 17 mai, Nolan Bruder a plaidé coupable et reconnu les faits, tentant toutefois de « minimiser et excuser son comportement » selon le Los Angeles Times. Les parents ont écrit une lettre pour défendre leur fils dans cette affaire. Le juge William H.Follett, justifiant sa décision par le fait que la sœur avait enlevé ses vêtements elle-même, a condamné le garçon à 240 jours de prison et 3 ans de mise à l’épreuve. Il a ajouté qu’être inscrit au registre des délinquants sexuels créait un « stigmate » suffisant à dissuader le violeur de récidiver.

Les médias nationaux sont immédiatement montés au créneau pour protester contre ce qu’ils considèrent comme une simple « petite tape sur le poignet » de la part du juge californien. Le fait que le prévenu soit condamné à moins d’un an de prison alors que le procureur de l’Etat requérait trois ans ferme a été largement dénoncé et qualifié d « indulgence mal placée et suspecte ».

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Sa sœur « aurait pu choisir de ne pas demander de drogue »

Sur les réseaux sociaux, l’indignation est à son comble. De nombreux internautes américains se disent « malades » d’apprendre que Nolan Bruder a été condamné à seulement 240 jours de prison tandis que d’autres dénoncent le « victim-blaming » (le blâme de la victime) caractérisé notamment par la lettre des parents qui affirment que Nolan est un « bon gamin » et que la sœur « aurait pu choisir de ne pas lui demander de drogue ».

Une pétition lancée sur Twitter demande le licenciement du juge William H.Follett, considéré comme le suppôt d’un système judiciaire encore trop indulgent avec les jeunes hommes blancs. Cette décision du 17 mai a en effet également réintroduit la question raciale sur le fil Twitter, de nombreux internautes faisant valoir qu’un jeune violeur noir n’aurait pas eu droit à tant de clémence. Le cas Cory Batey de 2016, au terme duquel le violeur afro-américain de 22 ans a été condamné à 15 ans de réclusion, revient douloureusement en mémoire.

Un juge laxiste malgré le durcissement pénal en matière de viol

Ce verdict clément est d’autant plus surprenant qu’il survient quelques mois seulement après le durcissement de la législation californienne en matière de viol. Le 30 septembre, en réponse à la polémique suscitée en juin 2016 par la condamnation à six mois de prison d’un étudiant de Stanford ayant violé une camarade ivre, le gouverneur avait ainsi fixé des punitions plus sévères.

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Le texte dispose ainsi que la pénétration non-consentie d’une personne ivre ou droguée est punie de prison. Cette peine doit être purgée dans une prison d’Etat, sans possibilité de période de probation. Or, le 17 mai le juge a condamné Nolan Bruder à la peine minimum dans une prison de comté, ce à quoi il a associé une période de probation. La cour a justifié cette décision par le fait que le viol avait été commis en juillet 2016, c’est-à-dire avant l’entrée en vigueur de la loi d’octobre 2016 qui n’est pas rétroactive.