Uribe veut se libérer de l'encombrant M. Chavez

Armelle Le Goff - ©2008 20 minutes

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Pas question de se faire voler l'initiative par Hugo Chavez. Le président colombien, Alvaro Uribe, a entamé dimanche une tournée européenne pour souligner les « efforts » de son pays en faveur de la libération des otages, dont Ingrid Betancourt. Il était temps. Fort de la libération réussie, il y a deux semaines, de deux prisonnières des Farc, dont Clara Rojas, compagne de route de la Franco-Colombienne, le président vénézuélien Hugo Chavez n'hésite plus à taper sur son homologue colombien, le taxant notamment de « pion des Américains ». Or il reste considéré, notamment par Paris, comme l'un des acteurs principaux d'une possible libération d'Ingrid Betancourt.

Hier, Alvaro Uribe a donc repris la main, et détaillé à Nicolas Sarkozy ses propositions pour la libération des otages des Farc. Il a demandé l'appui du Président pour une médiation de l'Eglise catholique, avec la participation d'émissaires français, espagnols et suisses. Cette médiation vise à échanger 43 otages dits « politiques », dont Ingrid Betancourt, contre 500 guérilleros emprisonnés. Sarkozy a dit lui apporter un soutien, sous réserve que cette médiation dispose « de marges de discussion, indispensables à son succès ». Dans le même temps, en effet, Uribe ne s'est pas caché de vouloir « écraser » la guérilla.

Reçu pour la première fois dimanche par le président colombien, le fils d'Ingrid Betancourt s'est réjoui de la perspective d'une médiation opérée par l'Eglise. « Mais je ne serai optimiste que lorsque les Farc auront accepté une zone de rencontre », a précisé Lorenzo Delloye.