Communication de la Maison Blanche: #Covfefe, démission du dircom... Y a-t-il encore un pilote dans l'avion?

ETATS-UNIS Cerné par les affaires, Donald Trump continue de tweeter à tout va et de provoquer couac sur couac...

Dorian Debals

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Donald Trump en fait voir de toutes les couleurs à ses équipes de communicant.
Donald Trump en fait voir de toutes les couleurs à ses équipes de communicant. — Evan Vucci/AP/SIPA

« Covfefe », sept lettres comme une métaphore de la présidence ubuesque de Donald Trump. Le Web s’emballe depuis ce mercredi matin après un tweet du président du pays le plus puissant au monde : « Despite the constant negative press covfefe » pouvait-on lire sur son compte Twitter officiel. Cette erreur de frappe, (« covfefe » au lieu de « coverage » -couverture- fort probablement), non corrigée pendant plusieurs heures, illustre à elle seule le fait qu’il n’y a plus de pilote dans l’avion de la communication présidentielle.

Le directeur de la communication Mike Dubke vient d’ailleurs de démissionner de son poste après seulement trois mois.

« Il n’arrêtera pas de tweeter »

« En ce moment c’est la panique à la Maison Blanche, une sorte d’ambiance de bunker dans l’aile l’ouest », décrypte Marie-Cécile Naves, auteur de Trump, l’onde de choc populiste, spécialiste des États-Unis. « Trump ne fait pas confiance, personne n’arrive à le canaliser et il y a une conjoncture très défavorable avec toutes les affaires qui s’accumulent. » La communication du locataire du 1600 Pennsylvania Ave a fait face à une succession de ratés depuis sa prise de fonction : nombreuses fake news propagées sur son compte Twitter comme « la plus grande foule jamais vue » à son investiture, incidents diplomatiques à répétition, accusations d’espionnage infondées, décret migratoire bloqué, emploi de sa fille à la Maison Blanche ou encore échec de sa réforme de l’Obamacare.

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Pour la spécialiste, c’est avant tout la personnalité de Donald Trump qui pose problème : « On a affaire à quelqu’un d’autoritaire, qui a un souci avec le fonctionnement démocratique. Il veut tout contrôler et ne supporte absolument pas la critique. Et comme il change souvent d’opinion, il met ses équipes en porte-à-faux en permanence. S’occuper de la communication d’un président comme Donald Trump, c’est le job impossible. » Ce que ne devrait pas tarder à tirer comme conclusion Sean Spicer, le porte-parole de la Maison Blanche, fidèle de Donald Trump mais qui lui reproche de s’être mis en difficulté vis-à-vis de la presse.

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Ereinté par son rôle de pare-feu et ses propres bourdes, il se fait étriller par la presse américaine et est régulièrement moqué par l’excellente Melissa McCarthy du Saturday Night Live. Mais, mis sous pression comme jamais, « Trump n’arrêtera pas de tweeter pour autant », croit savoir Marie-Cécile Naves.

Donald Trump ne fait confiance qu’aux membres de sa famille

Depuis son retour de tournée à l’étranger, le président des Etats-Unis a pourtant affiché la volonté de cadenasser sa communication. Une réorganisation totale de ses équipes de com' est en cours. Plusieurs scénarios sont envisageables : « Soit il se recentre sur un cercle de fidèles, sur les seules personnes dans lesquelles il a confiance comme les membres de sa famille, entouré d’avocats. Il y a l’hypothèse de s’entourer de spécialistes des médias. Mais plutôt de la droite de la droite américaine type Breitbart News. Enfin il peut aussi choisir de ramener la communication présidentielle à son strict minimum. »

Une rupture avec la tradition américaine qui ne serait pas la première du magnat de l’immobilier. Il avait boycotté en février dernier le dîner des correspondants de la Maison Blanche, du jamais vu pour raisons politiques en près d’un siècle.

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Entrave d’une enquête du FBI, divulgation d’informations sensibles à la Russie : les accusations portées à l’encontre du président sont graves. Et l’étau se resserre pour son gendre Jared Kushner qui est désormais la cible prioritaire du FBI. Jusqu’à commencer à inquiéter sérieusement les parlementaires républicains qui ont maintenant en ligne de mire les élections de mi-mandat dans un an et demi. « Plutôt qu’une procédure d’impeachment, Donald Trump pourrait ainsi être poussé à la démission car les enquêtes d’opinion sont très mauvaises. Et il n’arrive pour l’instant pas à faire passer ses réformes », indique Marie-Cécile Naves.

Comme le résumait Robin Wright, qui joue la Première dame dans la série House of Cards, « Donald Trump nous a volé toutes nos idées ». Elle ajoutait : « Un président machiavélique est prêt à tout pour rester au pouvoir »…