Attentat à Manchester: Le MI5 va enquêter sur des dysfonctionnements liés à l'enquête

ENQUÊTE Des complices ayant participé à la préparation de cet attentat pourraient toujours être en fuite…

Manon Aublanc avec AFP

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Le niveau d'alerte terroriste au Royaume-Uni a été abaissé de «critique» à «grave» après les nombreuses arrestations en lien avec l'attentat à Manchester.
Le niveau d'alerte terroriste au Royaume-Uni a été abaissé de «critique» à «grave» après les nombreuses arrestations en lien avec l'attentat à Manchester. — JOHN SUPER / AFP

Alors qu’un 14e suspect a été arrêté ce lundi matin, les services de renseignement enquêtent sur la façon dont ont été traités plusieurs signalements de Salman Abedi avant qu’il ne passe à l’acte, une semaine après l’attentat suicide à Manchester.

L’émotion restait vive dans cette grande ville du nord-ouest de l’Angleterre. Une procession traditionnelle anglicane, dans la matinée de ce jour férié, a commencé par l’énumération des noms des 22 personnes tuées, dont sept mineurs, avant une minute de silence puis une fanfare joyeuse dans les rues du centre. Dans la soirée, un rassemblement est prévu pour 22h31 précises, soit une semaine pile après l’explosion, sur la place St-Ann tapissée de milliers de fleurs, devenue emblématique du chagrin des Mancuniens.

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La radicalisation du kamikaze avait été signalée trois fois aux autorités

A l’aube, la police a arrêté un nouveau suspect, un homme de 23 ans, à Shoreham-on-Sea, dans le Sussex (sud). Des complices ayant participé à la préparation de cet attentat, revendiqué par le groupe Etat islamique, pourraient toujours être en fuite, a rappelé le gouvernement ce dimanche. Parallèlement, le MI5 (renseignement intérieur) a ouvert une enquête sur d’éventuels dysfonctionnements au sein du renseignement, puisqu’au moins à trois reprises, des signes de radicalisation du kamikaze avaient été signalés aux autorités.

Mais la ministre britannique de l’Intérieur, Amber Rudd, a mis en garde contre toute « conclusion hâtive » suggérant que les services « auraient loupé quelque chose ». « Beaucoup d’informations sortent sur ce qui s’est passé, comment cela s’est passé, ce qu’on aurait su ou pas su avant », a-t-elle déclaré lundi sur Sky News. « C’est tout à fait pertinent que le MI5 regarde de plus près afin d’établir les faits », a-t-elle ajouté, mais il est trop tôt pour arriver à « la moindre conclusion pour l’instant ». Environ 500 enquêtes antiterroristes ont été ouvertes, concernant 3.000 personnes.

Le niveau d’alerte terroriste abaissé de « critique » à « grave »

Au total, 1.000 enquêteurs sont mobilisés pour analyser plus de 800 pièces à conviction (dont 205 documents numériques) et près de 13.000 heures de vidéosurveillance ont été visionnées, a expliqué la police. Grâce aux progrès de l’enquête, le niveau d’alerte terroriste au Royaume-Uni a été abaissé samedi de « critique » à « grave », signifiant qu’un attentat est « très probable » mais non plus « imminent ». L’attentat a mis la sécurité au cœur de la campagne pour les législatives du 8 juin, qui a repris ce vendredi après avoir été suspendue au lendemain de l’attentat.

Samedi soir, la police avait lancé un appel à témoin, diffusant deux photos de Salman Abedi issues d’images de vidéosurveillance le montrant le soir de l’attaque. Lunettes sur le nez, sac à dos, il porte une casquette et une doudoune noire. La police cherche à reconstituer les faits et gestes du kamikaze depuis le 18 mai, date de son retour au Royaume-Uni après un séjour en Libye, évoqué par une source proche de la famille à l’AFP. La police allemande a, quant à elle, souligné qu’il avait fait escale en Allemagne, à Dusseldorf, à ce moment-là. Salman Abedi avait loué un appartement dans le centre de Manchester, d’où il s’est rendu à l’Arena. « Ce pourrait bien être l’endroit où a été assemblé l’engin » explosif utilisé pour l’attentat, avait déclaré la police.