VIDEO. Rencontre Macron-Poutine: La visite tournera-t-elle au duel à Versailles?

DIPLOMATIE Les deux présidents qui doivent se rencontrer à Versailles ce lundi ne sont pas en meilleurs termes…

Lucie Bras

— 

Vladimir Poutine, le 19 octobre 2016, lors d'une rencontre avec Angela Merkel à la Chancellerie à Berlin.
Vladimir Poutine, le 19 octobre 2016, lors d'une rencontre avec Angela Merkel à la Chancellerie à Berlin. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
  • Vladimir Poutine est reçu par Emmanuel Macron à Versailles pour inaugurer l’exposition « Pierre Le Grand, un tsar en France », 300 ans après la venue de son prédécesseur
  • L’Ukraine, la Syrie, la Corée du Nord et la lutte anti-terroriste seront au cœur des discussions, mais cette première rencontre est surtout l’occasion pour les deux hommes de prendre un premier contact diplomatique
  • Pendant la campagne présidentielle, Poutine avait reçu Marine Le Pen, affirmé son amitié pour François Fillon mais n’avait eu aucun mot pour Emmanuel Macron

Trois cents ans après la venue du tsar Pierre le Grand à Versailles, c’est l’indétrônable Vladimir Poutine qui est invité au grand Trianon ce lundi pour inaugurer une exposition sur son illustre prédécesseur. A cette occasion, il va rencontrer le nouveau président Emmanuel Macron. Cette première prise de contact risque-t-elle de tourner au duel ? 20 Minutes fait le point.

Une « discussion franche »

Au menu des discussions entre les deux hommes ce lundi, un programme chargé : les relations franco-russes, la lutte antiterroriste, l’Ukraine et la Syrie, mais aussi la Corée du Nord et la Libye. Si le président Macron a promis un dialogue « sans concessions », le déjeuner n’en sera pas pour autant tendu. Pour Philippe Migault, directeur du Centre européen d’analyses stratégiques, la discussion sera franche, sans se transformer en confrontation.

« On est sur une première prise de contact entre les deux hommes, explique-t-il. On ne va pas rentrer tout de suite dans le vif du sujet sur certains dossiers, comme  la Syrie. » Cette rencontre est longtemps restée improbable pour les deux hommes. D’un côté, un président omniscient au pouvoir depuis dix-sept ans, qui connaît la scène internationale par cœur et qui se trouve à la tête d’une puissance mondiale. De l’autre, un jeune président d’une puissance régionale, alliée des Etats-Unis.

Pointer les désaccords

« La plupart du temps dans ce genre de rencontre courte, on note un désaccord, et on convient de se rencontrer pour en discuter à nouveau », affirme Philippe Migault. « Ils vont peut-être exprimer leur accord sur leurs désaccords, mais rien de tangible ne sera annoncé. »

>> A lire aussi : Poutine à Versailles. Pour Marine Le Pen, «il faut normaliser les relations avec la Russie»

Pendant la campagne, Vladimir Poutine n’a pas misé un centime sur Emmanuel Macron. Il avait reçu Marine Le Pen et avait confié entretenir de bonnes relations avec François Fillon. Des rumeurs de piratages russes avaient également perturbé la campagne d’En Marche !, sans que personne ne parvienne à en apporter la preuve. Au lendemain de son élection, Vladimir Poutine l’avait exhorté à « surmonter la méfiance mutuelle ».

« Sortir de cette impasse diplomatique »

Pour Thomas Gomart, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI), Vladimir Poutine entend donc « corriger l’image très négative qu’il a laissée pendant la campagne présidentielle française ». Cette rencontre est d’importance pour les rapports entre la France et la Russie, qui se sont considérablement dégradés depuis 2012 et l’élection de François Hollande. « La relation a changé en mal ces dernières années. L’objectif est de sortir de cette impasse diplomatique », estime Philippe Migault.

Avant de regagner Moscou, Vladimir Poutine se rendra aussi, mais seul, au nouveau Centre spirituel et culturel orthodoxe russe, avec sa cathédrale à bulbes dorés érigée quai Branly à Paris. Il aurait dû l’inaugurer en octobre 2016, mais l’escalade verbale entre Paris et Moscou provoquée par la campagne militaire du régime syrien et de son allié russe contre la partie rebelle d’Alep (nord de la Syrie) l’avait conduit à renoncer à ce déplacement.