Attentat de Manchester: La course pour démanteler le réseau se poursuit

ROYAUME-UNI Une opération a eu lieu à Wigan, au domicile d'un homme arrêté mercredi...

P.B. avec AFP

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Le suspect de l'attentat de Manchester Salman Abedi (centre), entouré de son frère cadet, Hachem, et de son père, Ramadan, tous les deux arrêtés en Libye.
Le suspect de l'attentat de Manchester Salman Abedi (centre), entouré de son frère cadet, Hachem, et de son père, Ramadan, tous les deux arrêtés en Libye. — AP/SIPA

La course pour prévenir une seconde attaque se poursuit au Royaume-Uni. Huit hommes au profil «intéressant» étaient en garde à vue jeudi soir dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de Manchester. Et une opération de la police s'est déroulée à Wigan, au domicile d'un homme arrêté la veille.

La police a trouvé des «objets suspects» dans un appartement loué par un Libyen, dans un quartier résidentiel de cette ville située à 30 km à l'ouest de Manchester, selon la BBC. Une équipe de démineurs a été déployée et les habitants du quartier été évacués par précaution. Mais finalement, la police n'a pas procédé à une explosion contrôlée, et les riverains ont pu rentrer chez eux.

Le même explosif qu'à Paris et Bruxelles

La bombe contenait du TATP, selon l'élu américain Mike McCaul, président du comité à la Sécurité nationale de la Chambre des représentant. C'est le même composé chimique que celui utilisé lors des attentats de Paris et de Bruxelles. Le Triacétone triperoxyde est un explosif primaire instable, qui nécessite de l'entraînement pour être manipulé.

La bombe de Manchester était, selon des fuites publiées dans le New York Times, plus sophistiquée que lors des précédents attentats revendiqués par Daesh, notamment avec un détonateur comprenant un circuit imprimé, potentiellement pour une mise à feu avec un retardateur ou à distance. C'est notamment pour cette raison que les enquêteurs considèrent que le suspect faisait sans doute partie d'une cellule, et que l'artificier pourrait toujours se trouver dans la nature.

Abedi serait bien passé par la Syrie

L'auteur présumé de l'attaque a sans doute suivi un entraînement au djihad en Syrie au sein de Daesh, selon les confidences d'un officiel américain briefé sur l'enquête, rapporte CNN. Il aurait séjourné en Syrie au cours des mois précédant l'attaque, et d'autres membres de sa famille se seraient également radicalisés, selon la chaîne.

Londres et Washington reprennent leur coopération

Après le froid provoqué par les fuites sur l'enquête dans les médias américains, Theresa May a touché deux mots à Donald Trump au sommet de l'Otan, à Bruxelles, jeudi. Le président américain a immédiatement fait savoir dans un communiqué qu'il voulait «poursuivre» les auteurs de ces fuites, réaffirmant la «relation spéciale» des Etats-Unis avec le Royaume-Uni. Et il a demandé, au cours du sommet, un «moment de silence» pour les victimes de l'attentat. Dans la soirée, Londres a annoncé que la collaboration sur le renseignement entre les deux pays allait reprendre.