VIDEO. Attentat à Manchester: Le point sur l’enquête

TERRORISME L’état d’alerte terroriste au Royaume-Uni est passé de «sévère» à «critique» au lendemain de l'attentat de Manchester...

Nicolas Raffin

— 

Des soldats britanniques patrouillent près de Downing Street, la résidence du Premier ministre, le 24 mai 2017, après l'attentat de Manchester.
Des soldats britanniques patrouillent près de Downing Street, la résidence du Premier ministre, le 24 mai 2017, après l'attentat de Manchester. — JUSTIN TALLIS / AFP

Des militaires qui se déploient dans les rues de Londres, un risque d’attentat considéré comme « imminent » : le Royaume-Uni est sous tension depuis l’attentat qui a fait au moins 22 morts à Manchester lundi soir. Si l’auteur de l’attaque, Salman Ramadan Abedi, a été rapidement identifié, plusieurs zones d’ombre restent à éclaircir par les enquêteurs.

>> Suivez les dernières infos après l'attaque à Manchester ici 

Le profil du terroriste. Salman Abedi « né et élevé au Royaume-Uni » comme l’a expliqué Theresa May mardi soir, serait né en 1994. Ses deux parents, des Libyens, ont fui le régime de Kadhafi pour s’installer en Grande-Bretagne. Selon un voisin de la famille interrogé mercredi par 20 Minutes, « Salman Abedi, s’habillait normalement, rien dans sa façon de s’habiller ne laissait penser qu’il était radicalisé. »

>> Lire aussi : Cinq choses à savoir sur Salman Abedi

Pourtant, la ministre de l’Intérieur britannique Amber Rudd a reconnu que l’homme était « connu » des services de sécurité. Son homologue français, Gérard Collomb, a avancé pour sa part que les liens du terroriste avec Daesh -qui a revendiqué mardi l’attaque - étaient « avérés ». « Nous ne savons que ce que les enquêteurs britanniques nous ont appris », a dit le ministre mercredi matin sur RMC-BFMTV, affirmant que c’était « après un voyage en Libye puis sans doute en Syrie » que Salman Abedi s’était radicalisé.

Le type de bombe utilisée. Ian Hopkins, commissaire de police de Manchester, a évoqué un « engin explosif improvisé », déclenché par l’assaillant qui est mort au moment de l’explosion. Le Times affirme que la bombe était placée dans un bagage qui se trouvait par terre.

Selon deux sans-abri qui ont porté secours à plusieurs victimes, l’engin explosif contenait des clous : « Nous avons dû en retirer de leurs bras et même du visage d’une petite fille » a expliqué Stephen Jones à la chaîne ITV. Ce mode opératoire avait déjà été utilisé lors des attentats de Bruxelles en 2016 et de Boston en 2013. Il était aussi largement répandu en Irak comme l’explique France Info.

L’existence d’éventuels complices. D’après Amber Rudd, cet attentat « plus élaboré que d’autres » signifie que le terroriste n’a «  probablement pas agi seul ». Mardi, le frère du principal suspect, IsmaIl Abedi, a été arrêté à Chorlton, au sud de Manchester, et son domicile a été fouillé, sans que l’on connaisse son lien éventuel avec l’attaque. Ce mercredi, trois autres hommes ont été arrêtés dans la même zone : là aussi, la police s’est bornée à indiquer que c’était « en lien » avec l’enquête sur l’attentat de Manchester.

Mercredi après-midi, une autre unité a conduit un raid dans un appartement du centre-ville de Manchester. Selon un étudiant interrogé par le Guardian, « je pense qu’une femme vivait là, mais je ne l’ai jamais rencontrée ». « Il est clair que l’enquête porte sur un réseau », a confirmé ce mercredi la police de Manchester, confirmant que « quatre personnes » étaient actuellement en garde à vue dans le cadre de l’enquête.