Turquie: Arrêté, le photojournaliste français Mathias Depardon a entamé une grève de la faim dimanche

MEDIAS Les autorités turques reprochent au photojournaliste de travailler sans carte de presse et de soutenir le Parti des Travailleurs du Kurdistan, classé « terroriste » par Ankara…

20 Minutes avec agences

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Le journaliste indépendant français Mathias Depardon, arrêté en Turquie le 8 mai, est en grève de la faim depuis dimanche 22 mai 2017.
Le journaliste indépendant français Mathias Depardon, arrêté en Turquie le 8 mai, est en grève de la faim depuis dimanche 22 mai 2017. — Capture d'écran du site Reporters sans frontières

Le journaliste indépendant français Mathias Depardon, installé en Turquie depuis cinq ans et arrêté le 8 mai à Hasankeyf (province de Batman au sud-est du pays), est en grève de la faim depuis dimanche pour protester contre sa détention, a indiqué mardi Reporters sans Frontières.

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Le photojournaliste effectuait un reportage pour le magazine National Geographic lorsqu’il a été interpellé puis transféré dans un centre d’accueil géré par la Direction des affaires migratoires à Gaziantep (sud-est). Il y est retenu depuis lors et ce, malgré une décision d’expulsion émise le 11 mai.

Son renouvellement de carte de presse n'a pas abouti

« On ne sait toujours pas pourquoi cette décision d’expulsion n’est pas appliquée », a déclaré mardi Erol Onderoglu, représentant de Reporters sans Frontières (RSF) en Turquie, dénonçant au passage une « situation insoutenable et inacceptable ».

Les autorités turques reprochent au photojournaliste de travailler sans carte de presse, sa demande de renouvellement n’ayant pas abouti, ce qui peut conduire à son expulsion du pays. Il lui a également été reproché de soutenir le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), classé « terroriste » par Ankara. Cette accusation pourrait conduire à une procédure judiciaire.

Une lettre ouverte au ministre turc de l'Intérieur

RSF, ainsi que deux autres organisations de défense de la liberté de la presse et 19 rédactions, ont envoyé vendredi une lettre ouverte au ministre turc de l’Intérieur, Süleyman Soylu, appelant à la libération de Mathias Depardon.

Dans un communiqué diffusé dans la soirée, Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’est et Asie centrale de RSF, a, de son côté, appelé « le nouveau gouvernement français à intervenir fermement pour protéger le photographe et assurer sa remise en liberté ».

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Une source diplomatique française a affirmé à l’AFP que les autorités turques n’avaient pas à ce jour donné suite aux demandes françaises pour des contacts directs avec le journaliste, qu’il s’agisse de visites ou d’appels téléphoniques.