La télévision sud-coréenne montre des images de Kim Jong-un diffusées par le Nord, à Séoul le 22 mai 2017.
La télévision sud-coréenne montre des images de Kim Jong-un diffusées par le Nord, à Séoul le 22 mai 2017. — Lee Jin-man/AP/SIPA

COREE DU NORD

La Corée du Nord revendique un nouvel essai de missile à moyenne portée réussi

Ce onzième tir de l’année a suscité un nouveau concert de condamnations internationales et la menace d’un durcissement des sanctions contre Pyongyang…

  • La Corée du Nord a affirmé lundi avoir réussi un tir de missile à moyenne portée.
  • Le régime a publié, pour la première fois, des photos de la Terre dont il affirme qu’elles ont été prises depuis l’espace par le missile
  • Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU est prévue mardi​.

Le tir avait été qualifié de « dangereux et irresponsable » par son voisin du Sud. La Corée du Nord a affirmé lundi avoir réussi un tir de missile à moyenne portée, au mépris des sanctions des Nations unies, nouveau pas dans sa quête pour mettre au point un engin capable de frapper des cibles américaines.

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D’après l’agence officielle KCNA, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a supervisé dimanche le lancement du Pukguksong-2, le déclarant prêt au déploiement. Le onzième tir de l’année a suscité un nouveau concert de condamnations internationales et la menace d’un durcissement des sanctions.

Le Pukguksong-2 est alimenté par du combustible solide qui permet une mise à feu immédiate, ajoute KCNA. Cette technologie raccourcit considérablement le délai dans lequel pourrait avoir lieu une intervention pour empêcher des tirs. Toute décision de cette nature devrait être prise beaucoup plus rapidement.

« Arme stratégique performante »

Jusqu’à présent, la plupart des missiles tirés par Pyongyang utilisent du combustible liquide, ce qui signifie un temps de ravitaillement plus long. Les responsables de l’armée sud-coréenne ont déjà dit que le Pukguksong-2, version terrestre des missiles mer-sol de Pyongyang lancés à partir de sous-marins, étaient alimentés par du combustible solide.

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Kim Jong-un a déclaré « avec fierté » que l’engin était « très précis » «, une « arme stratégique performante ». Le dirigeant nord-coréen a « approuvé le déploiement de ce système d’armes », ajoute KCNA. Sur des photographies publiées par le Rodong Sinmun, porte-voix du parti unique au pouvoir, on peut voir Kim Jong-un, tout sourire, en train d’applaudir au spectacle du décollage du missile, entouré de ses collaborateurs.

« Lancement froid »

Le journal publie aussi des photos de la Terre dont il affirme qu’elles ont été prises depuis l’espace par le missile. Il s’agit des premières images de cette nature jamais publiées par le Nord. Le dirigeant nord-coréen « s’est dit très heureux de voir (ces photographies) et a dit que la Terre était belle ». Il a également ordonné que l’engin soit « rapidement produit en série », poursuit KCNA.

Le missile, présenté par Washington comme étant à moyenne portée, a été tiré de Pukchang, dans la province de Pyongan Sud. Il a parcouru environ 500 kilomètres avant de s’abîmer en mer du Japon, selon les forces armées sud-coréennes.

D’après KCNA, le Nord a utilisé la technique dite du lancement froid, où le missile est d’abord éjecté grâce à du gaz comprimé avant que son moteur ne s’allume dans les airs. Cette technique est considérée comme plus sûre en même temps qu’il est plus facile de cacher le site du lancement.

Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU mardi

Un porte-parole de l’état-major inter-armées sud-coréen a expliqué à la presse que les services de renseignement de la Corée du Sud et des Etats-Unis estiment que Pyongyang a obtenu grâce à ce tir « des données importantes pour la fiabilité de sa technologie balistique ». Mais la capacité de la Corée du Nord à assurer une « rentrée stable » dans l’atmosphère de ses missiles « nécessite des vérifications supplémentaires », a-t-il ajouté.

Washington, Séoul et Tokyo ont dénoncé ce nouveau lancement, et réclamé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU qui aura lieu mardi. Ce nouveau tir survient une semaine après le lancement par Pyongyang d’un missile Hwasong-12, qui avait parcouru environ 700 kilomètres. La Corée du Nord avait assuré que cet engin, d’une portée sans précédent et susceptible d’atteindre les bases américaines du Pacifique, était capable de transporter une ogive nucléaire.