Une chaîne de montage de Volkswagen, le 21 décembre 2016 à Thika, au Kenya.
Une chaîne de montage de Volkswagen, le 21 décembre 2016 à Thika, au Kenya. — AFP

JUSTICE

Dieselgate: Le patron de Volkswagen visé par une enquête allemande

L’enquête a été ouverte en février dernier…

Après l’ancien patron, c’est désormais à l’actuel chef du groupe Volkswagen, Matthias Müller, de faire l’objet d’une enquête de la justice allemande pour manipulation de cours liée au scandale du dieselgate. Le parquet de Stuttgart (sud-ouest) a annoncé ce mercredi avoir ouvert en février une enquête visant des membres du directoire de Porsche SE, soupçonnés d’avoir « consciemment informé avec retard » les marchés financiers de la tricherie de grande ampleur de Volkswagen.

Porsche SE, holding contrôlée par les familles héritières de l’inventeur de la Coccinelle et cotée à la Bourse de Francfort, est l’actionnaire majoritaire de Volkswagen. Le parquet de Stuttgart est compétent pour les investigations la concernant.

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Un logiciel trompeur sur 11 millions de véhicules

Parmi les trois noms cités figure celui de Martin Winterkorn, qui avait laissé les rênes de Volkswagen à Matthias Müller en septembre 2015 en assurant n’avoir rien su de l’installation d’un logiciel truqueur sur 11 millions de véhicules dans le monde pour les faire passer pour moins polluants qu’ils n’étaient en réalité. Hans Dieter Pötsch, directeur financier de Volkswagen au moment des révélations, devenu depuis président du conseil de surveillance du groupe, et Matthias Müller donc, ancien patron du fabricant de bolides Porsche AG devenu numéro un de Volkswagen, sont également visés par cette enquête.

C’est la première fois que Matthias Müller est sur la sellette. Hans Dieter Pötsch et Martin Winterkorn sont en revanche déjà sous le coup d’une enquête pour manipulation de marché, conduite depuis des mois par le parquet de Brunswick (nord), compétent pour le groupe Volkswagen. Le motif est similaire : il leur est reproché de ne pas avoir informé les marchés à temps, contrairement à l’obligation faite à VW.

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Un bénéfice net de 5,1 milliards d’euros en 2016

Porsche SE a pour sa part réagi en jugeant ces reproches « infondés » et en affirmant avoir « rempli correctement ses obligations en matière de communication avec les marchés », une position semblable à celle de Volkswagen dans l’enquête du parquet de Brunswick. Volkswagen a dégagé l’an passé un bénéfice net de 5,1 milliards d’euros, après une perte historique en 2015.

Le dieselgate l’a conduit à constituer des provisions totales de 22,6 milliards d’euros, principalement pour satisfaire clients, concessionnaires et autorités aux Etats-Unis. Volkswagen n’encourt plus de poursuites aux Etats-Unis, où il a plaidé coupable de fraude et d’obstruction à la justice, même si sept de ses cadres du groupe y ont été inculpés. Ailleurs dans le monde, le groupe, devenu numéro un mondial des ventes de voitures l’an dernier, fait toujours l’objet de demandes de dédommagements de clients et d’investisseurs s’estimant floués.