L’Europe a des doutes «éthiques» sur la nourriture clonée

ALIMENTATION Le comité d'éthique européen sur la science et les nouvelles technologies s’est prononcé ce jeudi...

C. F. avec agence

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Après la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne, touchés par la fièvre catarrhale du mouton, la France pourrait être à son tour confrontée à une menace d'épidémie de la maladie de la "langue bleue", après la découverte du virus sur deux vaches laitières dans le nord de la France.
Après la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne, touchés par la fièvre catarrhale du mouton, la France pourrait être à son tour confrontée à une menace d'épidémie de la maladie de la "langue bleue", après la découverte du virus sur deux vaches laitières dans le nord de la France. — Thierry Zoccolan AFP/Archives

L'arrivée d'animaux clonés dans les assiettes des consommateurs européens ne semble pas pour demain, contrairement à ce qui se passera aux Etats-Unis, en raison des craintes de l'opinion et des doutes des experts, illustrés ce jeudi par un avis critique d'un comité bioéthique.

«Souffrances des animaux porteurs et clonés»

Le comité d'éthique européen sur la science et les nouvelles technologies (EGE), une instance créée par la Commission européenne, a déclaré ne «pas voir d'arguments convaincants justifiant la production de nourriture à partir de clones et de leur progéniture», dans un communiqué.

«Compte tenu de l'ampleur actuelle des souffrances et des problèmes de santé des animaux porteurs et des animaux clonés, le comité doute de la justification éthique du clonage des animaux à des fins alimentaires», souligne-t-il.

Si, malgré tout, l'Union européenne devait donner son feu vert, il recommande d'appliquer plusieurs critères stricts pour garantir l'innocuité des produits des animaux clonés et de leur progéniture, veiller à une traçabilité fiable et au bon traitement des bêtes.

>> A lire, l’interview d’un chercheur de l’Inra (Institut national de recherche agronomique) sur l’opportunité de commercialiser en France de la viande d’animaux clonés

Cet avis tranche d'une part avec celui de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui a jugé vendredi dernier que les aliments provenant d'animaux clonés, tels que la viande et lait, ne présentaient pas plus de danger que ceux issus d'animaux conçus de manière traditionnelle. En 2005, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) s’était également prononcée plutôt en faveur du clonage des animaux.

Le sujet est pourtant beaucoup plus conflictuel dans l'Union européenne qu’aux Etats-Unis. Les produits génétiquement modifiés, baptisés «nourriture Frankenstein» par leurs détracteurs, font figure d'épouvantail. «Il ne faudrait pas jouer à l'apprenti sorcier», a mis en garde cette semaine l'association des consommateurs Test Achat en Belgique à propos des aliments clonés.

Enquête auprès des citoyens européens

Embarrassé, Bruxelles, avant de prendre une décision sur la nourriture clonée, affirme vouloir attendre l'avis final de l'EFSA attendu en mai et surtout les conclusions d'une enquête prévue auprès des citoyens européens, traditionnellement très sceptiques sur le sujet.