Venezuela: Plus de 40 morts en six semaines, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit

CRISE SOCIALE Les manifestations s’enchaînent depuis le 1er avril…

20 Minutes avec AFP

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Les manifestations contre le gouvernement Maduro s'enchaînent depuis le 1er avril à Caracas, au Venezuela.
Les manifestations contre le gouvernement Maduro s'enchaînent depuis le 1er avril à Caracas, au Venezuela. — FEDERICO PARRA / AFP

Le Conseil de sécurité de l’ONU va discuter ce mercredi de la crise au Venezuela, où 42 personnes sont décédées dans les manifestations quotidiennes de l’opposition qui exige le départ du président, ont indiqué ce mardi des diplomates.

Les Etats-Unis ont demandé la tenue de cette réunion, qui aura lieu ce mercredi matin à huis clos, après d’autres sessions sur la Somalie et l’Erythrée. L’opposition manifeste quotidiennement depuis le 1er avril contre ce qu’elle considère comme un renforcement du pouvoir du président socialiste Nicolas Maduro. Trois manifestants blessés par balle sont décédés ce lundi et mardi, portant le bilan à 42 morts en six semaines de protestations, a annoncé mardi le parquet.

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Le bilan le plus lourd depuis les marches de 2014 qui avaient fait 43 morts

Un homme de 31 ans, identifié comme Diego Arellano, a été tué mardi d’une balle dans le thorax lors d’une manifestation à San Antonio de Los Altos, dans l’Etat de Miranda (nord), en périphérie de Caracas, selon cette source. Plus tôt, le parquet avait annoncé deux nouveaux décès, dont celui de Diego Hernandez, 33 ans, « mort hier (lundi) après avoir reçu un tir (d’arme à feu) lors d’une manifestation » à Capacho, dans l’Etat de Tachira, frontalier avec la Colombie. Un policier a été « arrêté » pour ce meurtre, a précisé le parquet.

Le ministère public avait aussi rapporté le décès, dans la matinée, d’un jeune homme de 17 ans, blessé la veille par balle lors d’un rassemblement contre le président Maduro. Le bilan de 42 morts decette vague de manifestations et violences, qui survient dans un contexte de profonde crise économique et politique, est le plus lourd depuis les marches de 2014 qui avaient fait officiellement 43 morts. Lundi, des milliers d’opposants au chef de l’Etat ont bloqué les principales routes du pays, une journée émaillée par des violences.

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Quelque 155 civils ont été emprisonnés sur ordre militaire 

L’opération, nommée « grand sit-in contre la dictature », a mobilisé pendant une douzaine d’heures des manifestants dans une cinquantaine de points stratégiques du pays. L’objectif était de « rendre ingouvernable » le Venezuela, déjà en proie au marasme économique, ce pays pétrolier étant ruiné par la chute des cours du brut, a expliqué aux journalistes Freddy Guevara, vice-président du Parlement contrôlé depuis fin 2015 par l’opposition.

L’opposition exige des élections générales anticipées et rejette la décision du chef de l’Etat de convoquer une assemblée constituante pour réformer le texte suprême datant de 1999, estimant qu’il s’agit d’une manœuvre pour repousser le scrutin présidentiel prévu fin 2018 et s’accrocher au pouvoir. Nicolas Maduro est confronté depuis le 1er avril à une vague de manifestations hostiles quasi quotidiennes. Au moins 155 civils ont été emprisonnés sur ordre de tribunaux militaires, a dénoncé l’ONG Foro Penal.