Le torchon brûle entre Grande-Bretagne et Russie

CRISE DIPLOMATIQUE Londres a décidé de suspendre les activités du British Council à Saint-Petersbourg et Ekateringbourg suite aux pressions…

A.S avec agence

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La Grande-Bretagne a décidé jeudi de suspendre sine die les activités du British Council à Saint-Pétersbourg et Ekaterinbourg en réponse à l'attitude, "répréhensible et indigne d'un grand pays", des autorités russes, dans un nouvel accès de fièvre entre Londres et Moscou.
La Grande-Bretagne a décidé jeudi de suspendre sine die les activités du British Council à Saint-Pétersbourg et Ekaterinbourg en réponse à l'attitude, "répréhensible et indigne d'un grand pays", des autorités russes, dans un nouvel accès de fièvre entre Londres et Moscou. — Kirill Kudrjavtsev AFP

La tension persiste entre Londres et Moscou. La Grande-Bretagne a décidé jeudi de suspendre sine die les activités du British Council, centre culturel britannique, à Saint-Pétersbourg et Ekaterinbourg.
 
Lundi, la Russie avait annoncé des sanctions contre le bras culturel du Foreign Office, dont le refus de délivrer des visas à ses employés, après la réouverture de ces deux antennes régionales malgré une interdiction des autorités. Celle-ci avait été décidée en décembre comme riposte aux mesures prises par Londres, dont l'expulsion de diplomates russes, après le refus de Moscou d'extrader le principal suspect dans le meurtre de Litvinenko.
 
Un Britannique arrêté à Saint-Petersbourg
 
Autre signe de tension: dans la nuit de mardi à mercredi, le chef du bureau du British Council de Saint-Pétersbourg, Stephen Kinnock, avait été interpellé par les forces de l'ordre dans des circonstances peu claires, les Russes l'accusant de conduite en état d'ivresse, version formellement démentie par les Britanniques.
 
Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, est donc intervenu jeudi devant la chambre des Communes pour exprimer, en des termes peu diplomatiques, la «colère» et la «consternation» de la Grande-Bretagne face à une «intimidation flagrante». L'Union européenne lui a immédiatement apporté son soutien.
 
«Une tache sur la réputation de la Russie»
 
«De telles actions sont répréhensibles, indignes d'un grand pays, et contraires à la lettre et à l'esprit du cadre juridique dans lequel travaille le British Council», a déclaré le chef de la diplomatie britannique, parlant d'une «tache sur la réputation de la Russie».
 
Une fois encore, il a affirmé qu'aux yeux de Londres, Moscou n'avait pas fourni d'arguments juridiques convaincants pour justifier l'interdiction des deux antennes du bras culturel du Foreign Office. «En conséquence, au lieu d'engager une action juridique contre le Council, le gouvernement russe a eu recours à l'intimidation du personnel» local.
 
Des relents de Guerre froide?
 
«Nous avions vu des actions similaires pendant la Guerre froide, mais franchement nous pensions que c'était du passé», a tonné le ministre. «Je suis persuadé que la chambre partagera la colère et la consternation du gouvernement face aux actes du gouvernement russe».
 
Le ministre a toutefois souligné que les autorités britanniques s'abstiendraient de représailles dans un secteur culturel qu'elles veulent garder en dehors des querelles politiques.

L'ex-agent russe Alexandre Litvinenko est mort d'un empoisonnement au polonium 210 à Londres en novembre 2006. Dans une déclaration rédigée sur son lit de mort, selon ses proches, Litvinenko a accusé le président russe Vladimir Poutine d'être responsable de son empoisonnement.