A cause du Royaume-Uni, la création d’un QG militaire européen est dans l’impasse

UNION EUROPEENNE A l’approche des élections législatives, les Britanniques ont dit non au projet de QG militaire européen…

20 Minutes avec AFP

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Le Royaume-Uni bloque la création d'un QG militaire européen.
Le Royaume-Uni bloque la création d'un QG militaire européen. — ISOPIX/SIPA
  • Le Royaume-Uni bloque la décision qui devait permettre de créer un QG militaire commun à l’Union européenne.
  • Les Britanniques avaient pourtant validé ce projet, qui faisait partie d’un ensemble de mesures de renforcement de la défense européenne.
  • Cette cellule devrait permettre de centraliser la gestion d’opérations non-combattantes de l’Europe dans trois pays d’Afrique.

Mauvais timing pour les Européens. Le Royaume-Uni vient de bloquer une décision qui devait permettre de mettre en place le premier QG militaire de l’Union européenne. Mais à quelques semaines des élections législatives britanniques et de l’ouverture des négociations du Brexit, les Britanniques ont préféré appuyer sur le frein.

Le problème semble se trouver dans le nom de cette cellule de défense. « Nous cherchons encore un compromis avec nos amis britanniques à propos de la décision juridique pour que cette structure soit établie. Il y a une discussion extrêmement compliquée pour savoir quelle sera la dénomination stratégique de cette structure », a précisé un autre diplomate européen.

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La Haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, s’était dite « fière » lorsque les 28 avaient donné leur accord de principe début mars à la création de cet embryon de QG militaire européen, rappelant la « division » historique des Européens en la matière, notamment en raison du refus catégorique de Londres d’œuvrer au renforcement de l’Europe de la Défense.

Sensibilité liée aux élections

Cette « capacité militaire de planification et de conduite au sein de l’état-major de l’UE à Bruxelles » (une trentaine d’employés) doit centraliser le commandement des trois opérations non combattantes des Européens au Mali, en Somalie et en République centrafricaine. Elles ont pour but d’entraîner, de former et de conseiller les armées de ces pays.

Initialement, il devait s’agir d’un « Quartier Général Opérationnel », mais les Britanniques ont rejeté cette formulation, selon une source diplomatique. « Il y a une sensibilité extrêmement forte de leur part liée aux élections, à la façon dont ils pensent que ça peut être perçu au Royaume-Uni », a-t-elle expliqué.

La discussion technique semblant dans l’impasse, la question pourrait être abordée dès lundi prochain par les 28 ministres des Affaires étrangères de l’UE à l’occasion de leur réunion mensuelle à Bruxelles. Pourtant, le 6 mars, le Royaume-Uni avait approuvé le principe de la création de ce QG embryonnaire, qui fait partie d’un ensemble de mesures envisagées par l’Union pour renforcer la coopération de ses membres en matière de défense.