VIDEO. Patron du FBI limogé : Trump contredit la version de la Maison Blanche

ETATS-UNIS Le président américain a admis jeudi qu’il avait demandé trois fois au désormais ex-directeur du FBI James Comey s’il était visé par une enquête…

N. Se. avec AFP

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Donald Trump dans les jardins de la Maison Blanche à Washington, le 4 mai 2017.
Donald Trump dans les jardins de la Maison Blanche à Washington, le 4 mai 2017. — Mandel NGAN / AFP
  • Donald Trump a demandé à James Comey s'il était visé par une enquête, confirmant les soupçons d'interférence ou d'intimidation
  • Le président américain contredit la Maison Blanche en assurant qu'il avait l'intention de limoger le patron du FBI avant même les recommandations du ministère de la Justice
  • Andrew Mc Cabe, le directeur par intérim du FBI, tente de rassurer le Congrés sur l'indépendance de l'enquête en cours 

Alors que la Maison Blanche tente par tous les moyens d’éteindre l'incendie provoqué par l’annonce soudaine mardi soir du limogeage de James Comey, directeur du FBI, Donald trump attise les flammes lors d’une interview accordée à la chaîne américaine NBC, jeudi.

Le président américain a admis qu’il avait demandé trois fois au désormais ex-directeur du FBI James Comey s’il était visé par une enquête, une intervention pouvant être interprétée comme une tentative d’interférence ou d’intimidation. « Je lui ai demandé », a dit le président américain lors de l’interview, rapportant deux conversations téléphoniques. « J’ai dit "Si c’est possible, pouvez-vous me dire s’il y a une enquête sur moi ?" Il a dit qu’il n’y avait pas d’enquête sur moi », a-t-il expliqué, en référence aux investigations en cours sur des liens entre des proches du président américain et la Russie durant la campagne électorale de 2016.

Mais malgré ces assurances données par James Comey, Donald Trump a avoué qu’il avait l’affaire avec la Russie en tête quand il a pris la décision de le renvoyer : « En fait quand je me suis décidé, je me suis dit : "Ce truc avec la Russie, Trump et la Russie, c’est une histoire inventée" ». Selon Donald Trump, les deux hommes en avaient parlé une première fois lors d’un « dîner très sympa ». « Il voulait rester le chef du FBI et j’ai dit que j’y réfléchirai », a raconté M. Trump. « Et ce jour-là il m’a dit que je n’étais pas visé par une enquête, ce que je savais déjà de toute façon ».

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Du point de vue juridique, ces propos peuvent s’apparenter à des pressions du président sur le patron du FBI. Poser cette question « pourrait s’apparenter à une tentative de corruption (…) ou tout au moins d’une obstruction de la justice dans laquelle Comey aurait été idiot de tomber en offrant l’assurance » que Donald Trump n’était pas visé par l’enquête, explique la juriste Laurence Tribe. Ces contacts de président à directeur du FBI ont également étonné le sénateur républicain Lindsey Graham, qui a promis de « poser la question ».

Donald Trump contredit les déclarations officielles de la Maison Blanche

La Maison Blanche peinait cependant à établir avec clarté la séquence ayant conduit à l’éviction, rarissime, du chef du FBI, a fortiori alors qu’il supervisait de près une enquête très sensible sur le plan de la sécurité nationale. La version officielle : le ministre de la Justice Jeff Sessions et le numéro deux de la Justice Rod Rosenstein auraient recommandé le limogeage du directeur du FBI, des recommandations suivies par Donald Trump, qui aurait ensuite pris la décision de renvoyer James Comey.

Problème, le président américain a eu un tout autre discours, jeudi, sur le plateau de NBC. Prenant ses distances avec la Maison Blanche, il a assuré qu’il avait de toute façon l’intention de limoger James Comey. « J’allais le limoger quelles que soient les recommandations », a-t-il affirmé. « C’est un hâbleur, un fanfaron ». Des contradictions que n’ont pas manqué de railler les internautes.

Le directeur par intérim du FBI se porte garant de l’intégrité de l’enquête

Plus tôt jeudi, le directeur par intérim du FBI a cherché à rassurer un Congrès secoué par ces événements sur l’indépendance de l’enquête. « Le travail des hommes et des femmes du FBI continue quels que soient les changements de circonstances, quelles que soient les décisions », a déclaré Andrew McCabe, ex-numéro deux de la police fédérale, lors d’une audition au Sénat. « Il n’y a eu aucune tentative d’entraver notre enquête à ce jour », a-t-il ajouté.

Se posant en garant de l’intégrité de l’enquête, Andrew McCabe s’est engagé à ne pas informer le président Trump ou la Maison Blanche sur son avancée. Et il a promis de prévenir le Congrès en cas de tentative du pouvoir d’intervenir dans l’enquête, qu’il a qualifiée de « hautement importante » alors que la Maison Blanche tente d’en minimiser l’importance.
Au risque d’agacer le président, le président par intérim du FBI a enfin rendu un hommage appuyé à M. Comey. « Je peux aussi vous dire que le directeur Comey était largement soutenu au sein du FBI, et le reste encore aujourd’hui », a-t-il dit dans une cinglante réponse à la Maison Blanche, qui affirme depuis mardi que James Comey avait perdu la confiance de ses agents.