Patron du FBI limogé: La destitution de Donald Trump a la cote chez les bookmakers

ETATS-UNIS Chez certains preneurs de paris, la probabilité de voir le milliardaire visé par une procédure parlementaire d'« impeachment » avait quasiment doublé mercredi, passant de 33 % à 60 %...

M.C. avec AFP

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Des sosies de Donald Trump et Vladimir Poutine font la publicité d'une société de paris en ligne, à Londres le 13 mars 2017.
Des sosies de Donald Trump et Vladimir Poutine font la publicité d'une société de paris en ligne, à Londres le 13 mars 2017. — Paddy Power/Shutterstoc/SIPA

« Trump dit qu’il va faire le boulot, mais l’argent chante une autre chanson ». En langage de bookmaker, cela veut dire que l’éviction de James Comey, le directeur du FBI, par Donald Trump, a provoqué une flambée des paris sur une éventuelle destitution du président américain.

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Chez les professionnels des paris, la probabilité de voir le président américain visé par une procédure parlementaire d'« impeachment » avait quasiment doublé mercredi, passant de 33 % à 60 %, selon Lewis Davey, porte-parole de la société irlandaise de paris en ligne Paddy Power : « On n’avait jamais atteint une telle probabilité d’un "impeachment" de Trump dans son premier mandat ».

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Avant cette pluie de billets, Donald Trump avait en effet déclenché une tempête de critiques en limogeant mardi le patron de l’agence fédérale qui supervisait notamment l’enquête sur une possible collusion entre l’équipe de campagne du milliardaire républicain et les autorités russes.

Le spectre de Nixon et du Watergate

Cette éviction a réveillé le souvenir de la décision prise en 1973 par le président Richard Nixon de révoquer le procureur spécial en charge de l’enquête sur le scandale du Watergate. Un an plus tard, Richard Nixon avait démissionné face à la certitude d’être destitué par le Congrès.

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Le parallèle n’a pas échappé à certains parieurs. L’un d’eux était ainsi prêt à miser 129.000 dollars sur une démission forcée de Donald Trump cette année, même si son pari n’a pas trouvé preneur, a indiqué Naomi Totten, du site britannique Betfair. Dans les heures ayant suivi le limogeage de James Comey, la probabilité d’un départ du président américain dans l’année est par ailleurs passée de 10 % à 25 %, a-t-elle ajouté.

Rien ne dit toutefois que l’emballement des parieurs ait des bases solides. Les paris en ligne étant très rarement autorisés aux Etats-Unis, ces probabilités ne reflètent que très vaguement les opinions américaines. Le fait que les républicains soient aux manettes des deux chambres du Congrès rend par ailleurs peu probable une procédure de destitution du président qui appartient à ce parti.