Un message clair à l'intention des Etats-Unis

D. H - ©2008 20 minutes

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L'attentat d'hier, le premier depuis la fin de la guerre civile (1975-1990) contre une représentation diplomatique américaine, intervient dans un contexte particulier. Le président George W. Bush effectue actuellement une tournée dans les pays arabes et multiplie les déclarations vindicatives à l'encontre du régime iranien et de la « menace extré­miste ».

Quelques jours plus tôt, Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah (sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne et des Etats-Unis), avait condamné cette visite, extrêmement mal perçue par certaines factions locales, qualifiant « le projet américain », d'humiliation qui « ne passerait pas par le Liban ». Plus virulent, le Guide de la révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, avait auparavant menacé de « transformer le Liban en cimetière du projet américain ». Ce­pen­dant, Nasrallah avait précisé qu'il ferait en sorte de ne pas offrir de prétexte à une « invasion » du Liban par l'armée américaine.

Or, l'attentat d'hier, commandité alors que l'ambassadeur américain Jeffrey Feltman se préparait à célébrer le soir même sa fin de mission au Liban lors d'un dîner dans un grand hôtel beyrouthin, a tout de la provocation. Incidemment, il coïncide avec la résurgence du groupuscule islamiste Fatah al-Islam dont le chef, Chaker al-Absi, a refait surface la semaine dernière via un enregistrement audio. Absi y accuse les Etats-Unis d'avoir armé et dirigé les troupes libanaises lors du siège de Nahr al Bared cet été. Nul doute que l'éventuel assassinat d'un diplomate américain aurait pu être perçu comme une déclaration de guerre par Washington. L'Ara­bie saoudite a affirmé hier de son côté que Ryad ne pouvait pas faire plus vis-à-vis d'Israël pour faciliter un règlement de paix israélo-palestinien, rejetant implicitement la demande de George W. Bush. Aujourd'hui, seule certitude, ce dernier attentat pourrait inciter les Etats-Unis à soutenir Nicolas Sarkozy qui, lundi, a menacé de porter une nouvelle fois la question libanaise devant le Conseil de sécurité de l'ONU via le vote d'une énième résolution. .