VIDEO. La Corée du Sud a élu son nouveau président

COREE DU SUD Moon Jae-in, un ancien avocat de 64 ans spécialisé dans la défense des droits de l'Homme, succède à la présidente destituée après un scandale de corruption...

20 Minutes avec AFP

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Le nouveau président sud-coréen, Moon Jae-in.
Le nouveau président sud-coréen, Moon Jae-in. — Yonhap News/NEWSCOM/SIPA

Le nouveau président de la Corée du Sud a pris ses fonctions. Moon Jae-in, un ancien avocat spécialisé dans la défense des droits de l’Homme, qui a confortablement remporté mardi l’élection présidentielle sud-coréenne, a été investi mercredi, scellant l’élan de son pays vers le changement après un retentissant scandale de corruption.

Le scrutin anticipé, organisé sur fond de fortes tensions avec la Corée du Nord, a été organisé pour remplacer l’ex-présidente Park Geun-Hye, au centre d’une énorme affaire de concussion qui a provoqué sa chute. Selon les résultats définitifs de la Commission électorale nationale, Moon Jae-in, 64 ans, candidat du Parti démocratique de centre gauche favorable à une forme de dialogue avec Pyongyang, a obtenu 13,4 millions de voix, soit 41,1 % des suffrages.

Son plus proche rival, le conservateur Hong Joon-Pyo, issu du parti de la présidente déchue, est arrivé loin derrière avec 24,03 % des voix, suivi du centriste Ahn Cheol-Soo (21.4 %). Le taux de participation est le plus élevé en 20 ans pour une élection présidentielle.

Colère face à la corruption

« Nous félicitons le président-élu Moon Jae-in et nous nous associons au peuple sud-coréen dans la célébration de sa transition politique pacifique et démocratique », a réagi la Maison Blanche dans un bref communiqué émanant du porte-parole de l’exécutif Sean Spicer, et non du président américain Donald Trump lui-même.

De nombreux électeurs ont profité du scrutin pour dire leur colère face à la corruption d’une partie des élites, mais aussi à la vie chère, à l’augmentation du chômage et au ralentissement de la croissance.

« Je serai le président de tous les Sud-Coréens », s’est exclamé le nouveau dirigeant devant ses partisans sur la place Gwanghwamun, à Séoul, où des millions de Sud-Coréens s’étaient massés plusieurs mois durant pour exiger le départ de Park Geun-Hye. « C’est une grande victoire (…) pour créer un pays de justice (…) où les règles et le bon sens prévalent », a-t-il encore dit.

La Corée du Nord reléguée au second plan pendant la campagne

La campagne s’est largement focalisée sur l’économie, la Corée du Nord étant passée à l’arrière-plan. Mais après 10 ans de règne conservateur, la victoire de Moon Jae-in pourrait signifier un changement considérable de politique vis-à-vis de Pyongyang et de l’allié et protecteur américain.

Le nouveau président prône le dialogue avec la Corée du Nord afin de désamorcer les tensions et de l’inciter à négocier. Il veut aussi plus de distance avec les Etats-Unis. Dans un récent entretien avec le Washington Post, il estimait que Séoul devait « jouer un rôle de meneur sur les questions concernant la péninsule coréenne ».

Mais pour la plupart des Sud-Coréens, habitués à vivre avec la menace nord-coréenne, la question des programmes balistique et nucléaire de Pyongyang n’a pas été déterminante dans leur vote, contrairement à la corruption, au ralentissement de la croissance et au chômage.