Palestine: Ismaïl Haniyeh, élu chef du Hamas

MOYEN-ORIENT L'ancien Premier ministre appartient à la branche des pragmatiques...

G. N. avec AFP

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Ismaïl Haniyeh, ici le 12 décembre 2014.
Ismaïl Haniyeh, ici le 12 décembre 2014. — Adel Hana/AP/SIPA
  • Ismaïl Hanyieh a été élu chef du bureau politique du Hamas samedi 6 mai
  • Il succède à Khaled Mechaal et dirigera le mouvement depuis la bande de Gaza
  • Avec son élection et la reconnaissance des frontières de 1967, le Hamas tente de sortir de la marginalisation

L’ancien Premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh a été élu samedi à la tête du bureau politique du  Hamas. Né en 1963, il succède à Khaled Mechaal, tous les deux faisant figure, au sein du Hamas, de pragmatiques vis-à-vis d’Israël. « Ismaïl Hanyieh a été élu chef du bureau politique du Hamas […] lors des élections internes » du mouvement, a indiqué le mouvement palestinien sur son site officiel.

L’aile pragmatique du Hamas, dont le nouveau leader est le chef de file, semble avoir pesé sur la rédaction d’un nouveau document, rendu public lundi et adjoint à la charte du Hamas, qui reconnaît les frontières de 1967 et insiste sur le caractère « politique » et non « religieux » du conflit avec Israël.

Revenir dans le jeu des négociations

Si le Hamas a insisté sur le fait qu’il ne reconnaissait pas l’Etat hébreu, il a cependant estimé qu'« un Etat palestinien entièrement souverain et indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem pour capitale, […] est une formule de consensus national ». Le Hamas, en amendant ses textes fondateurs, dénoncés par beaucoup comme « antisémites », tente ainsi de revenir dans le jeu des négociations internationales.

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« Mechaal avait déjà enclenché une nouvelle phase d’ouverture avec la communauté internationale. Haniyeh va continuer sur cette voie », a affirmé samedi à l’AFP Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas à Gaza.

La promesse d’un Etat palestinien

Un responsable européen en poste à Jérusalem a estimé que la nouvelle charte et l’élection d’Haniyeh constituaient « les deux plus grands événements de ces dernières années » pour le Hamas, qui était dans une position d’isolement ces derniers temps.

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Après la victoire du Hamas aux législatives de 2006, Ismaïl Haniyeh avait pris la tête d’un gouvernement d’union et s’était engagé à œuvrer à la création d’un Etat palestinien « en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, avec Jérusalem comme capitale », allant à contre-courant du discours officiel du Hamas qui, alors, ne reconnaissait pas ces frontières.