Rojas à Bogota, Chavez occupe le terrain politique

A. Le Goff - ©2008 20 minutes

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Retour à la maison. Libérée jeudi après quelque six années de captivité, Clara Rojas, l'amie et collaboratrice de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, a regagné hier la capitale de son pays. Elle devrait y être rejointe aujourd'hui par Consuelo Gonzalez, parlementaire, libérée avec elle. Un retour fort en émotion. Clara Rojas doit retrouver son fils Emmanuel né en captivité en avril 2004 et actuellement placé au sein de l'Assistance publique colombienne.

De son côté, le président vénézuélien, Hugo Chavez, fort de la libération des deux otages, semble espérer continuer à peser sur l'échiquier colombien. Samedi, il a proposé ses bons offices pour « une régularisation de la guerre » entre les Farc, guérilla marxiste née en 1964, et Bogota. D'après lui, une des premières étapes vers un règlement du conflit serait d'accorder le statut de belligérants aux Farc et à l'ELN (Armée de libération nationale, guévariste), qui détiennent à elles deux quelque trois mille otages. Vendredi, il a donc demandé aux pays latino-américains et européens de retirer les deux guérillas de leurs listes d'organisations terroristes.

Si la plupart des spécialistes du conflit sont sceptiques quant à de prochaines libérations, dont celle d'Ingrid Betancourt, d'autres font valoir que la très forte mobilisation de la société civile colombienne en faveur des otages pourrait peser en faveur d'un compromis. Certains tablent aussi sur la mobilisation internationale, notamment sur la France, pour tenter de faire avancer les négociations.