Le Hamas dit accepter un Etat palestinien limité aux frontières de 1967

POLITIQUE C’est la première fois dans son histoire que le mouvement modifie ses textes fondateurs…

20 Minutes avec AFP

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Des combattants  masqués des brigades Izzedine al-Qassam, la branche militaire du Hamas lors d’une manifestation, le 17 avril 2017, demandant la libération de Palestiniens détenus dans des prisons en Israël.
Des combattants masqués des brigades Izzedine al-Qassam, la branche militaire du Hamas lors d’une manifestation, le 17 avril 2017, demandant la libération de Palestiniens détenus dans des prisons en Israël. — Adel Hana/AP/SIPA

Le Hamas islamiste palestinien a modifié lundi soir pour la première fois de son histoire son programme politique, acceptant notamment un Etat palestinien limité aux frontières de 1967 et insistant sur le caractère « politique » et non religieux de son conflit avec Israël.

« Une formule de consensus national »

Dans le document en arabe et en anglais rendu public que le mouvement a adjoint à sa charte rédigée en 1988, le Hamas estime que « l’établissement d’un Etat palestinien entièrement souverain et indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem pour capitale, (…) est une formule de consensus national ».

Ce document en 42 points a été mis en ligne sur le site du Hamas au moment même où débutait à Doha une conférence de presse du chef du Hamas en exil Khaled Mechaal.

Cette conférence était retransmise en direct à Gaza, tenue sans partage depuis 10 ans par le mouvement islamiste, devant un parterre de dirigeants du Hamas qui devaient également s’exprimer au cours de la soirée.

Revenir dans le jeu des négociations internationales

Le Hamas est considéré comme « terroriste » par les Etats-unis, l’Union européenne et Israël et nombre de ses dirigeants sont visés par des sanctions.

En amendant pour la première fois en près de 30 ans ses textes fondateurs, dénoncés par certains, Israël en tête, comme « antisémites », il tente de revenir dans le jeu des négociations internationales, estiment les experts.

La principale modification est la reconnaissance de l’Etat de Palestine dans les frontières de 1967 -d’avant l’occupation israélienne de la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est-, avait récemment expliqué à l’AFP un haut cadre du Hamas sous le couvert de l’anonymat, précisant que cela ne valait « en aucun cas une reconnaissance » d’Israël.

Une distinction aussi entre la communauté juive et le projet sioniste

Les autres grands points sont la distinction entre les juifs « comme communauté religieuse d’une part et l’occupation et le projet sioniste d’autre part », ainsi que la prise de distance du Hamas avec les Frères musulmans égyptiens.

Un responsable du Hamas a indiqué lundi à l’AFP sous le couvert de l’anonymat que le document rendu public serait ensuite présenté « à plusieurs capitales étrangères », dont beaucoup refusent actuellement de dialoguer avec le Hamas.

Un document « mensonger » pour Netanyahu

Cette annonce intervient à 48 heures de la première rencontre entre le président américain Donald Trump avec son homologue palestinien Mahmoud Abbas, à couteaux tirés avec le Hamas.

Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déjà qualifié le nouveau document du Hamas de « mensonger ».

Le Cogat, l’organe du ministère israélien de la Défense en charge des Territoires occupés, a estimé que « le mouvement terroriste Hamas se moque du monde en essayant de se présenter avec ce soi-disant document comme une organisation éclairée et développée ».