Viens chez moi, j'habite chez Ikea

ETATS-UNIS Pendant une semaine, un New-Yorkais a vécu dans un magasin du géant suédois...

Gilles Bouvaist, à New York

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Mark Malkoff a vécu pendant une semaine dans un magasin Ikea du New Jersey.
Mark Malkoff a vécu pendant une semaine dans un magasin Ikea du New Jersey. — DR

Avez-vous déjà eu l’impression, en regardant votre décoration d’intérieur, de vivre chez Ikea? Cette sensation, Mark Malkoff, a décidé de la pousser à l’extrême en s’installant samedi dernier pour une semaine dans un magasin du géant suédois du mobilier d’intérieur. Fuyant son appartement du Queens le temps que des fumigations éliminent une invasion des redoutables blattes new-yorkaises, il a vainement cherché un refuge: chez des amis? Leurs studios sont trop petits. Un hôtel? Trop cher. Il a finalement posé ses valises à l’Ikea de Paramus, New Jersey, entre deux bretelles d’autoroutes.

Mark Malkoff n’en est pas à son coup d’essai : ce comédien qui accueille le public de l’émission The Colbert report , avait déjà réalisé le tour de force de prendre en 24 heures un café dans tous les magasins Starbucks (171) de New York. Et s’il s’attaque à une nouvelle multinationale, le message n’est pas vraiment politique, plutôt un prétexte pour réaliser des saynètes absurdes. «Après m’être aperçu que tout chez moi venait d’Ikea, je les ai contactés en décembre et comme c’est une compagnie futée qui y a vu l’opportunité d’une publicité gratuite, ils m’ont assuré d’un contrôle artistique total.»

Avec deux producteurs et deux cameramen (les seuls à rester jour et nuit avec lui), il réalise deux vidéos par jour de ses tribulations : que faire la nuit dans un Ikea ?
Réponse en compagnie d’un vigile:




Comment retrouver son chemin?



Que dire au micro pour vraiment inciter les clients à partir?



Dans l’appartement témoin qu’il a choisi –un quatre-pièces sobre mais tout confort avec chambre, salon, lits superposés et salle de bain– rien ne marche, bien sûr: ni les toilettes, ni le frigo ou le four, ce qui l’oblige à squatter la cantine et les sanitaires du personnel. «C’est vous qui habitez à Ikea?» lui demande une mère venue avec ses deux filles voir le phénomène, alors qu’il avale des pâtes aux brocolis offertes par la maison sur une table Bjursta. «Qu’est-ce que tu veux faire comme métier plus tard? Tu as envie de vivre dans un magasin?» demande-t-il, pince-sans-rire à une petite fille qui vient visiter sa chambre en pagaille.

Car il est devenu une véritable attraction que l’on vient voir depuis New York. «Je faisais une petite sieste et je me suis réveillé devant vingt personnes en train de me regarder comme un animal dans un zoo.» Et si Mark Malkoff semble bien s’amuser, il n’a pas l’air trop mécontent de repartir ce samedi soir retrouver sa femme (qui a bizarrement préféré vivre chez des proches). «Le plus dur, c’est de ne jamais voir la lumière du jour. Tout s’éteint à une heure, mais à quatre heures du matin, les travaux commencent sur la zone commerciale et je suis réveillé par le bruit des foreuses. De toute façon, je ne peux pas vraiment dormir: c’est à ce moment-là que je me rends compte que j’habite dans un magasin.»