Les hommes otages des Farc «ont des chaînes au cou en permanence»

COLOMBIE Clara Rojas et Consuelo Gonzalez précisent leurs conditions de vie dans la jungle alors que Bogota remercie Caracas...

Avec agence

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Telesur

Une libération, des conséquences diplomatiques et des révélations émouvantes. Le président colombien Alvaro Uribe a reconnu jeudi l'efficacité de son homologue vénézuélien Hugo Chavez dans l'obtention de la libération de Clara Roja et Consuelo Gonzalez. «Je dois reconnaître que le processus avancé par le président Chavez, qui a obtenu la libération unilatérale et inconditionnelle de nos compatriotes, a été efficace», a dit le dirigeant colombien dans une allocution depuis sa propriété de El Uberrimo (nord) où il se trouve en vacances.



la liberación de los retenidos en la selva
envoyé par pueblosoberano

«Notre gratitude envers le président de la République soeur bolivarienne du Venezuela, Hugo Chavez, pour son effort et son efficacité, pour la libération de nos compatriotes Clara Rojas et Consuelo Gonzalez», a-t-il déclaré.

La fin des tensions entre les deux pays?

A la mi-novembre, le même Uribe avait mis fin à la mission de médiation de son homologue vénézuélien pour l'échange d'otages avec la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), ce qui avait provoqué une importante crise diplomatique entre les deux pays.

Le président colombien a salué la libération des deux femmes, mais a souligné que les Farc gardent toujours en captivité 750 personnes, dont 44 seulement pourraient faire l'objet d'un échange. Il a invité les Farc «à considérer une négociation simple, vive, de bonne foi, qui serait entourée de garanties démocratiques».

Le gouvernement colombien, a-t-il toutefois dit, continuera a chercher la défaite des rebelles marxistes. «Nous n'avons pas gagné cette bataille contre le terrorisme, mais nous allons la gagner», a-t-il poursuivi.

Des otages chaînes au cou

De son côté, Consuelo Gonzalez a dénoncé les conditions des détenus masculins des Farc. «Les hommes ont des chaînes au cou en permanence. Ils se baignent avec, quoiqu'ils fassent ils ont les chaînes, et la nuit, peut-être pour des raisons de sécurité, ils les attachent à un arbre au bout de chaque lit», a-t-elle raconté à la radio colombienne La W. Elle a précisé que les femmes qui sont détenues par les Farc ne sont pas soumises au même régime, une pratique qui avait déjà été révélée en 2003 dans une vidéo du journaliste Jorge Enrique Botero.

A propos des huit autres otages détenus à ses côtés, avec Clara Rojas, Consuelo Gonzalez a dit qu'ils sont «très épuisés physiquement, avec d'importants problèmes de santé, il n'y a pas de soins médicaux, il n'y a aucune liberté», a-t-elle dit.

«Je suis en vie pour mon fils»

Elle a ajouté que les guérilleros avaient remis des preuves de vie de huit otages qu'ils détiennent au ministre vénézuélien de l'Intérieur, Ramon Rodriguez Chacin.

Enfin, l'autre otage libérée, Clara Rojas a également parlé de la naissance de son fils Emmanuel, le 16 avril 2004 par césarienne, ce qui l'a immobilisée pendant 40 jours, alors que les combats visant les Farc étaient intenses. «Cela a été très dur, mais je suis en vie pour lui et j'espère que lui aussi. Il a montré être un enfant très courageux».