«Ingrid Betancourt a une toute autre valeur marchande»

REVUE DE PRESSE Ce que disent les éditorialistes français de la libération de Clara Rojas et de Consuelo Gonzalez…

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Telesur

La presse française pleine d'espoir après la libération de Clara Rojas et Consuelo Gonzalez. Pour Pierre Laurent, dans «L'Humanité», leur libération est «la première lueur aperçue depuis bien longtemps sur le chemin d'un éventuel règlement politique négocié du conflit armé en Colombie».

Ce qui fait dire à Jean-Claude Kiefer, dans les «Dernières Nouvelles d'Alsace», que «logiquement - mais peut-on invoquer la logique avec les Farc? - tous les espoirs sont désormais permis pour Ingrid Betancourt». Jacques Gantié, dans «Nice-Matin», estime lui aussi qu' «on est à un tournant dans l'histoire des otages des Farc et dans celle de la Colombie».

Mais les éditiorialistes n'en restent pas moins très prudents. Car comme le souligne Dominique Gerbaud dans «La Croix», si les Farc ont «évolué, ce n’est sûrement pas par magnanimité. C’est au mieux pour des raisons humanitaires et pratiques et pour ne plus avoir sur les bras des personnes malades».

«Par calcul, pas par humanité»

En écho, Jacques Camus, lance dans «La République du Centre»: «Ne nous leurrons pas exagérément: les Farc ont tout autant agi par calcul que par humanité. L'espoir, oui. Mais avec lucidité.» Et «avec la prudence qui convient», ajoute Didier Pobel dans Le Dauphiné Libéré, en rappelant qu' «il reste des milliers d'otages aux mains de la nébuleuse guérilla marxiste colombienne».

Le sort de l'otage franco-colombienne est d'autant plus sensible qu' «Ingrid Bétancourt, c'est autre chose» que les deux femmes libérées jeudi, juge Michel Bassi dans «L'Eclair des Pyrénées». «Elle a une toute autre valeur marchande, si l'on nous passe cette comparaison commerciale. Car il s'agit bien en définitive d'un marchandage.»

Quoi qu'il en soit, pour François Sergent, dans «Libération», les discussions à venir pour la libération des autres otages ne doivent pas «passer par un affaiblissement» du président colombien Alvaro Uribe. «Si pressions il doit y avoir, c’est sur les preneurs d’otages. Pas sur Uribe, démocratiquement élu», conclut-il.


la liberación de los retenidos en la selva
envoyé par pueblosoberano