Etats-Unis: L'Arkansas maintient son calendrier qui prévoit 8 exécutions en 11 jours

PEINE DE MORT Un calendrier hors du commun, à cause de la date de péremption du produit létal fin avril…

20 Minutes avec AFP

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Dans l'Arkansas, qui n'avait pas connu d'exécutions depuis 2005, 8 mises à mort sont prévues en 11 jours, du jamais vu.
Dans l'Arkansas, qui n'avait pas connu d'exécutions depuis 2005, 8 mises à mort sont prévues en 11 jours, du jamais vu. — Paul Buck AFP

Un compte à rebours est lancé pour les condamnés à mort de l’Arkansas. Une bataille judiciaire autour s’est amorcée autour d’une série inédite d’exécutions prévue dans l’Arkansas, en raison de l’expiration d’un médicament crucial à la fin du mois. Deux détenus ont décroché un sursis in extremis, mais cet Etat du sud reste déterminé à poursuivre les mises à mort.

Le duel oppose le bureau du procureur et le gouverneur d’un côté aux avocats des prisonniers et opposants à la peine de mort.L’Arkansas prévoyait à l’origine de réaliser huit exécutions en onze jours, du jamais-vu depuis que la Cour suprême américaine a rétabli la peine de mort en 1976. Don Davis était le premier sur la liste, et avait déjà pris son dernier repas. Quelques minutes avant sa mise à mort, la Cour suprême a mis un veto à son exécution.

Malgré ces « revers », le bureau du procureur entend bien suivre le reste du programme concocté par le gouverneur républicain Asa Hutchinson. « La procureure générale (Leslie Rutledge) se tournera vers la Cour suprême de l’Etat et examinera le bien-fondé (des arguments) dans les affaires Ward et Davis. Jusqu’à ce que ce bien-fondé soit déterminé, le gel reste en place », a-t-il fait savoir.

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Un calendrier macabre

De leur côté, les avocats des deux hommes essaient de trouver la parade. Ils affirment que leurs clients souffrent de graves problèmes mentaux et que, lors de leurs procès, leurs représentants n’avaient pu présenter d’experts en psychiatrie. « Tous deux ont démontré que leurs problèmes psychologiques constitueraient des éléments importants pendant un procès », a indiqué Scott Braden, de l’antenne de l’Arkansas du bureau fédéral d’assistance aux prévenus pauvres, dans un communiqué. Si pour l’instant trois hommes ont obtenu un sursis salvateur, la mobilisation reste solide pour ceux figurant encore sur le calendrier morbide du gouverneur, qui a provoqué de nombreuses manifestations et une réprobation internationale.

En marge de cet entrelacs de recours au cas par cas, un autre front judiciaire a été ouvert en fin de semaine dernière. Cette fois par la société américaine de distribution de produits pharmaceutiques McKesson. L’entreprise accuse les autorités pénitentiaires de lui avoir acheté du bromure de vécuronium, qui provoque une paralysie des muscles, sans l’avoir prévenue qu’il serait utilisé dans un protocole de mise à mort de prisonniers. Un juge local a tranché en sa faveur vendredi, suspendant les exécutions programmées.

Mais une cour d’appel a levé ce blocage. « Les prisonniers préparent (mardi) une pétition pour demander à la Cour suprême des Etats-Unis de l’invalider », a précisé Rob Dunham, directeur du Centre d’information sur la peine de mort. Si l’attaque sur ce flanc était victorieuse, le camp anti-peine de mort pourrait remporter la guerre dans l’Arkansas. Au moins temporairement.